27 décembre 2021

OVNIS DU COTENTIN (Philippe Le Barillier, 1980)


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Édition originale, 1980, La fenêtre Ouverte ·

(...) Dans la nuit, une tornade subite et inexplicable a causé des dommages à la ferme de M. H. C..., adjoint et conseiller municipal de Pont-Hébert.
    En effet, au cours de la nuit, Mme C... entendit subitement un bruit de tempête et tout rentra dans le calme.
    Le matin, elle put constater que de nombreuses tuiles étaient brisées et que la toiture de sa ferme était endommagée. Les faîtières étaient arrachées en partie.
    Mme C... qui est une personne digne de foi, nous a également déclaré qu'en allant traire ses vaches, elle se trouva soudain entourée d'une lumière diffuse.
    Levant la tête, elle aperçut une énorme boule rouge, suivie d'un faisceau lumineux, le tout accompagné d'étincelles. Son commis déclara avoir observé le même phénomène à 21 heures.
(...)

EN LONG, EN LARGE ET EN TRAVERS (Frédéric Dard, 1958)


· Réédition, 1964, Fleuve Noir ·

(...) – Je me souviens d'une enquête dans un château quand que j'étais à la criminelle. Des mecs qui donnaient une gardienne-partie... Drame passionnel ! Le fils de la taule avait balancé une bastos dans le chignon d'une petite bonne, because elle faisait des gâteries à son dabe ! Fallait du doigté : le dabe grand pote avec un ministre, tu vois le topo ?
    
– Et on t'a choisi ?
    
– Turellement ! J'étais dans mes petits souliers...
   
– Toi ! m'exclamé-je, incrédule, en louchant sur ses 47 Grand-Large !
   
– Alors là, San-Antonio, tu m'aurais vu, tu ne l'aurais pas cru : tout en finesse... De l'élégance, de la souplesse... Le bitos à la main pour causer aux dames... On parlait rien qu'au subjonctif ou, à la rigueur, au passé simple avec la valetaille ! Et des Mâme la baronne par là, et des liaisons à changement de vitesse. Tu mords le style ? « Je voudrais que vous alliassiez z'au fond du parc »... Là faut se surveiller ! Tu te rends compte que la langue française c'est vicelard et compagnie ! Je me rappelle, tiens, l'assassin... Quand y se fout à table. Tu sais ce qu'y me déballe, ce tocard ? j'« entretenais des amours ancillaires... » Textuel ! « Ancillaires », ça m'est resté. Ancillaire ! on se demande où y vont chercher ça... Je me souviens plus ce que ça veut dire, mais à l'époque, j'ai regardé dans le dictionnaire pour voir s'il se foutait pas de ma gueule ! (...)

23 décembre 2021

E.B.E. : ALERTE ROUGE (Jimmy Guieu, 1990)


· Édition originale, 1990, Vaugirard ·

(...) Bradford Corliss, un genou à terre, examinait l'une des vaches tuées, très proprement : les mamelles, la vulve et le rectum avaient été découpés avec une précision chirurgicale et pas une seule goutte de sang n'était visible, ni sur et autour de "champ opératoire", ni au sol.
    – Regardez aussi leur tête, à ces pauvres bêtes...
    L"une d'elles avait subi l'énucléation de l’œil gauche, l'ablation des lèvres supérieure et inférieure, de la langue et, là non plus, pas la moindre goutte de sang.
(...)

19 décembre 2021

ON T'ENVERRA DU MONDE (Frédéric Dard, 1959)


· Réédition, 1963, Fleuve Noir ·

(...) Alfred, le délayeur de gomina, prend illico les crosses de son bon-poids.
    Protégé par les deux cent quarante livres de sa maîtresse, il laisse dégouliner sa bile. Il persifle, susurre, insinue, ironise. Il me dit que les flics ne sont bons qu'à jouer les gros bras ; qu'ils ne terrorisent que les honnêtes gens et que les truands se foutent de leur hure comme de l'an 40. Il prétend que nous ne sommes en réalité qu'une organisation de teigneux, de miteux, de ramollis... Le patron du bistrot se marre comme un congrès international de bossus.
    Cet endoffé de gros émet des « Tsst, tsst ! » éplorés sur une longueur d'onde trop facile à brouiller. Et votre ami San-Antonio commence à sérieusement se demander s'il va déguiser le marchand de frictions en terrine de coiffeur ou en ravioli.
    Je le chope par la cravate et, l'étouffant un peu pour freiner ses sarcasmes, je lui murmure d'un ton sans réplique :
    – Toi, le lavement, écrase ou ce qui restera de toi pourra être vaporisé !
    Il la boucle instantanément et devient d'un beau vert comme ses lotions à la fougère.
    – Maintenant, racontez ! dis-je à la grosse.
    Si elle pouvait me flanquer une fessée, elle n'hésiterait pas, la Berthe ! Son regard globuleux me fait songer à l'enseigne d'un opticien.
    – Pas la peine de jouer les croquemitaines, me dit-elle. M. Alfred a raison : vous autres (et de désigner son conjoint en même temps que moi-même) les poulets, vous êtes forts en parlotes, mais pour les actes... Vous savez ce qui m'est arrivé ?
    – Je vous le demande depuis dix minutes, chère madame.
    Elle passe un doigt monstrueux sur sa moustache, tire un peu sa jupe, se cale un nichon vagabond dans le monte-charge et commence tout en pourléchant ses lèvres grasses afin de s'huiler les syllabes :
    – Lundi après-midi, je suis allée faire des courses sur les Champs-Élysées, et notamment à la maison Corot...
    – Exact, aboie le gros, voulant accréditer les allégations de sa pétasse ; je suis t'été vérifier tantôt, la vendeuse du premier, une charmante blonde...
    – Tais-toi, crétin ! dit Berthe.
    Béru se pose illico des points de suture. La femme-canon poursuit :
    – Je quittais ce magasin de tissus et je passais le porche lorsqu'un monsieur très bien de sa personne, mais qui ne causait pas français, m'a demandé de le suivre jusqu'à sa voiture...
    – Comment avez-vous compris ce qu'il vous disait s'il ne parlait pas français ?
    Elle se remonte le nichemard droit aussi haut qu'elle peut, sur son avant-bras, puis le lâche et ça fait le bruit d'un sac de farine largué à six mille mètres d'altitude pour ravitailler des populations isolées.
    – Vous oubliez, commissaire, qu'il est un langage international : celui des gestes. (...)

17 décembre 2021

DIANA GANTÉE (René-Michel Desergy, 1932)


· Réédition, 1975, Éditions Dominique Leroy ·  Pour adultes 

(...) Madame,
    « J'ai déjà servi chez plusieurs dames de la haute société, également très nerveuses comme vous me dites l'être vous-même, et je leur ai donné toujours toute satisfaction.
    « Je suis brune, de bonne taille et assez fortement développée des hanches pour trouver très naturel le port du corset très serré qui fait mieux se tenir pour le service.
    « J'approuve également pour les domestiques les bottes montantes et à hauts talons cambrant bien le pied et moulant en un dessin pur toute la jambe, ainsi que la jupe relativement courte : c'est à dire aux genoux. J'ai toute ma garde-robe : jupe noire, corsage étroit de satin, sans manches car je sers ordinairement en longs gants qui ne laissent nu qu'un tout petit peu du bras, tout juste avant l'épaule. Mes dessous sont de lingerie blanche, ma culotte plutôt une sorte de cache-sexe en voile très mince ; je l'enlève d'ailleurs pour recevoir les punitions. Maintenant si madame doit m'imposer un autre uniforme particulier, je n'ai pas en cela à transiger sur ses volontés.
(...)

15 décembre 2021

DES IMAGES POUR LES DIEUX (Jean Clottes & Meenakshi Dubey-Pathak, 2013)


· Édition originale, 2013, Éditions Errance ·

(...) Même au premier abord, l'art rupestre indien paraît beaucoup plus complexe que l'art des cavernes européennes. Non seulement on y trouve de nombreuses espèces animales et une majorité d'humains, mais ces derniers s’adonnent à toutes sortes d’activités, pacifiques ou guerrières. En outre, comme nous le verrons, ils sont souvent représentés habillés, portant des coiffes complexes et des armes très diverses. (...)

L'AFFAIRE DE NEUILLY (Marie Thiery, 1927)


· Édition originale, 1927, Éditions Gautier-Languereau ·

(...) Un instant, les trois hommes gardèrent le silence. Mᵉ Gérin, les yeux baissés, réfléchissait. Pierre Brives regardait anxieusement l'avocat dont il attendait la décision, et Jacques Michellier continuait à examiner le neveu de l'assassinée.
   
En lisant les détails du crime, Jacques avait eu la pensée que l'héritier pourrait bien être le complice de la demoiselle de compagnie. Mais la démarche que tentait aujourd'hui le jeune homme faisait tomber cette supposition, d'ailleurs toute gratuite, l'enquête n’ayant révélé contre lui aucun indice. Et, si l'idée d'une entente criminelle entre Pierre et Denise est venue à d'autres qu'à Jacques, personne n'en a exprimé le soupçon.
    Cette jeune Denise aux yeux si purs est donc seule responsable, instigatrice du crime, comme elle en est l'exécutrice ?
    Eh bien ! le secrétaire de Mᵉ Gérin, simplement parce qu'il a vu dans les illustrés le visage candide de l'accusée, se refuse à la croire coupable et se sent prêt à la défendre, tout comme le fiancé aveuglé par la passion, et cela malgré tant de preuves accumulées.
(...)

14 décembre 2021

LA BLONDE SAVAIT TUER (Paul Tossel, 1953)


· Édition originale, 1953, Éditions Ferenczi ·

(...) – Ils n'iront pas loin... Le quartier général de Round-Bill se trouve à Summertown... Un bled perdu à cent milles de ce col : c'est là que la brune enfant va livrer sa précieuse mallette. Retournons à ma voiture, elle contient un poste émetteur et récepteur : nous allons alerter Farnhett.
     – Qui est Farnhett ?
    – Le barman du Pink-Pig, la boîte de nuit où Round-Bill tient ses assises... Farnhett est un homme à nous qui est parvenu à entrer et à se maintenir dans la place depuis deux ans. Son poste d'émission et de réception se trouve dans le couvercle de la chasse d'eau du w.-c. des dames.
(...)

13 décembre 2021

LES ÉNERGIES SECRÈTES DU DRAGON (Guy Tarade & Michel Coviaux, 1995)


· Édition originale, 1995, Guy Trédaniel Éditeur ·

(...) Nous l'avons vu, les Dracontia celtes étaient des mégalithes. Ces pierres levées qui eurent à subir les foudres de l’Église, jouaient un rôle important dans la nature. En effet, on le sait aujourd'hui, notre planète est parcourue par un réseau de courants électriques qui est en quelque sorte son système nerveux, avec des centres (chakras) et des zones d'influence. Les Indous désignent sous le nom de fluide akasique les différents courants qui circulent dans le sol.
     Les anciens nommèrent ces innervations invisibles : Les Veines du Dragon.
    Les animaux ressentent ces mystérieux effluves et savent fort bien où ils doivent établir leur tanière, leur nid ou leur gîte.
    Ces radiations ont une influence marquante sur la santé et le comportement humain. Certaines zones sont infiltrées par des ondes nocives, qui altèrent la santé des êtres qui y vivent. Ces ondes nocives détruisent l'équilibre vital des animaux et des végétaux, et engendrent au cœur des minéraux des électrolyses qui désagrègent les pierres.
(...)

10 décembre 2021

BÉRU-BÉRU (Frédéric Dard, 1970)


· Édition originale, 1970, Fleuve Noir ·  Pour adultes 

(...) On roule un moment en direction des faubourgs. J'aime les faubourgs italiens. Ils n'ont pas la tristesse grise des nôtres. Au contraire, ils sont pétants de vie et d'allégresse. L'humanité dégouline sur les trottoirs. Ça sent la friture, la vinasse, le safran. Ça sent l'enfance joyeuse. Le bébé qu'on vient de faire ! Celui qu'on va fignoler tout à l'heure. La pauvreté y semble source de joie. Ils sont pleins de grosses femmes volubiles, de vieillards édentés, de mâles en chaleur. Y'a des beignets partout, du poisson frit, de la tomate. Et puis des gosses, surtout ! Jaillissant de tous les orifices de la rue, des gosses sales et beaux, barbouillés de rires. Y'a plus que les Italoches qui soient encore un peu vivants en Europe. Ailleurs, c'est fini, ça s'éteint dans des oxydes de carbone. Même en Espagne. Une grande ombre accablante s'étale sur le vieux continent. (...)

03 décembre 2021

LA DISPARUE DE MINUIT TRENTE (René Virard, 1933)


· Édition originale, 1933, J. Ferenczi & Fils ·

(...) Le commissaire Carriolet ne se sous-estimait pas, mais il ne se prenait pas non plus pour un aigle. Il aimait son métier et l'exerçait avec conscience. Il y avait des affaires particulièrement difficiles qu'il réussissait comme en soufflant dessus, et d'autres, bien qu'elles eussent, de prime abord, l'apparence d'un simple jeu d'enfant, qu'il ratait indubitablement. (...)

29 novembre 2021

PRINCESSE NICHONNETTE (André Chandor, 1929)


· Édition originale, 1929, Collection Gauloise ·

(...) Ce matin-là, Hilarion XIV, roi de Boulimie, se réveilla de fort méchante humeur. En jouant à le belotte la veille au soir avec son valet de chambre – que voulez-vous, quand on est roi, les distractions ne sont pas très nombreuses – Sa Majesté avait perdu les derniers trente-cinq francs qui lui restaient sur ses petites économies personnelles. Or, deux jours plus tôt, son grand trésorier lui avait signifié qu'il ne pouvait plus lui lâcher un "radis" (monnaie du pays qui ne vaut guère plus que notre franc actuel) jusqu'à la fin du mois.
    D'autre part, l'accorte et jeune camériste qui était chargée depuis un mois déjà du réveil de l'auguste souverain, avait filé, la veille, avec un acrobate roumain venu en représentation de gala au palais, à l'occasion des dix-huit ans de la princesse Viviane. Or, pour des raisons qu'il ne nous appartient, ni à vous ni à moi, d'approfondir, Hilarion XIV appréciait tout particulièrement la manière aimable qu'avait cette jeune fille de chambre de le faire passer du rêve à la réalité.
(...)

THE DEFINITIVE WEE BOOK ON DOWSING (Hamish Miller, 2002)


· Édition originale, 2002, Penwith Press ·

(...) Par la radiesthésie nous manipulons un outil qui stimule des sens au-delà des cinq habituels. Cette voie permet d'admettre les limitations de notre courante perception. En prenant conscience que peuvent être remises en question les restrictions sociales, spirituelles et morales qui ont contrôlé historiquement nos schémas de pensée, qu'elles peuvent être modifiées ou abolies, émerge la liberté de choisir soi-même le mode de vie que nous souhaitons suivre. (...)
[Traduit de l'anglais]

27 novembre 2021

TIME TO LIVE (John Rackham, 1966)


· Édition originale, 1966, Ace Books ·

(...) Par terre et par mer s'acheminaient vers Dangelar les "miettes de la table du riche", toutes ces choses précieuses sans utilité pour les Kalmedans, mais dont les Terrans étaient avides et qui pouvaient se vendre pour d'énormes profits. Depuis Dangelar, par vaisseaux traversant le vide, partaient des fourrures et des plumes, des fruits exotiques et des épices, les gemmes étranges et les minéraux rares. A Dangelar affluaient les touristes, les excursionnistes, les chasseurs de souvenirs. Ainsi, dans le quartier central de la capitale se dressaient tous les somptueux bureaux de chaque entreprise Terran importante. (...)
[Traduit de l'anglais]

23 novembre 2021

LE NOUVEAU DÉFI DES O.V.N.I. (Jean-Claude Bourret, 1976)


· Réédition, 1977, France Loisirs ·

1er MAI 1975 : ATTERRISSAGE PRÈS D'UNE PATROUILLE DE GENDARMES
(...) Le jeudi 1er mai 1975 à 23 h 10, nous effectuons une patrouille de surveillance dans les communes de Lezay, Saint-Coutant et Sainte-Soline, circulant à bord de notre véhicule sur le chemin départemental 15, dans le sens Sainte-Soline-Lezay, nous nous trouvons au lieu-dit Bois-de-la-Trouille. Nous apercevons alors dans le ciel une boule lumineuse de couleur jaune vif d'un diamètre apparent de 20 centimètres environ, se déplaçant d'est en ouest. Elle se rapproche du sol à une vitesse régulière. Cet objet semble vouloir se poser à une faible distance de nous.
    Constatations : A 23 h 15, nous nous transportons immédiatement en direction du lieu supposé de l'atterrissage. Arrivés à l'intersection du chemin départemental 15 et du chemin départemental 45 nous observons à travers des haies, direction ouest, à environ 3 ou 4 mètres du sol, un scintillement lumineux. Nous estimons que ce phénomène se situe dans un pré, au lieu-dit Vaugru, en bordure du chemin départemental 105, à 400 mètres de la sortie ouest de Lezay.
    A 23 h 17, nous étant approchés des lieux et ne remarquant rien de particulier au premier abord, nous descendons de notre véhicule pour examiner plus particulièrement cette zone. Presque aussitôt nous entendons un léger bruit, genre froissement d'ailes et nous constatons qu'un engin, dont nous ne pouvons déterminer la forme exacte et la couleur, s'élève rapidement suivant une trajectoire est-ouest, laissant apparaître deux lumières rouges de faible intensité, genre dispositif réfléchissant, distantes horizontalement l'une de l'autre d'environ 50 à 60 centimètres.
(...) A 23 h 20, quelques instants après le présumé décollage, l'appareil reprend sa couleur initiale jaune vif et se stabilise à une altitude et à une distance que nous ne pouvons apprécier. Il nous apparaît alors semblable à un disque d'un diamètre de 20 cm. Devant l'immobilité prolongée de l'OVNI nous l'observons à la jumelle. Nous découvrons que l'appareil est muni de deux ailerons verticaux de 10 centimètres de longueur, placés l'un au-dessus du disque, l'autre en dessous. De plus, l'intérieur de la boule lumineuse semble parsemé de points noirs fixes. A 23 h 25, devant la persistance de ce phénomène, nous nous rendons immédiatement sur la place des Halles de Lezay, où, en compagnie de témoins, nous poursuivons durant trente minutes l'observation. Ce n'est que vers 23 h 45 que l'objet disparaît rapidement vers l'ouest.
(...)

18 novembre 2021

UN P'TIT MODÈLE (René Virard, 1927)


· Édition originale, 1927, Collection Gauloise ·

(...) – Je te dis que tes seins tombent, Kiki ; moi je te dis que tes seins tombent. Bien sûr ! ça ne se voit pas quand tu es habillée. Mais tes seins dégringolent.
    Celle qui devait s'appeler Kiki dans l'intimité, une grosse rousse elle aussi, attrapa son corsage à pleines mains :
    – Mes seins tombent ? Répète-le un peu que mes seins tombent ?
    – Je te dis Kiki que tes seins dégringolent !
    Des boutons giclèrent contre les glaces, de l'étoffe se déchira : poussée à bout, Kiki exhiba deux seins lourds, voluptueux, auréolés de brun, qu'elle soupesa comme une matronne qui choisirait des courges :
    – Je te souhaiterais d'en avoir toute ta vie des pareils, mon petit...
    – Pour me servir d'oreiller, ou de traversin ?
    Kiki ne répondit pas : le gérant de la brasserie se précipitait, la serviette en bataille, en criant au scandale. Il intima l'ordre à toute l'équipe d'avoir à quitter la maison séance tenante. Une maison si tranquille !
    Kiki renveloppa ses tétons, mais pour se venger, avant de franchir le tambour de la porte, aux applaudissements de tous, elle releva ses jupes d'un geste preste et exhiba au nez du gérant un visage sinon souriant, du moins assez joufflu pour avoir l'air de se payer sa tête.
(...)

17 novembre 2021

TROIS CONTES (Gustave Flaubert, 1877)

· Réédition, ≃1940, Arthème Fayard ·

(...) Éclatant d'une colère démesurée, il bondit sur eux à coups de poignard ; et il trépignait, écumait, avec des hurlements de bête fauve. Puis il s’arrêta. Les morts, percés au cœur, n'avaient pas même bougé. Il écoutait attentivement leurs deux râles presque égaux, et, à mesure qu'ils s'affaiblissaient, un autre, tout au loin, les continuait. Incertaine d'abord, cette voix plaintive longuement poussée se rapprochait, s'enfla, devint cruelle ; et il reconnut, terrifié, le bramement du grand cerf noir. (...)

16 novembre 2021

L'AURORE DE LA MÉSOPOTAMIE ET DE L'IRAN (Max Mallowan, 1965)

 
· Édition française, 1966, Éditions Sequoia ·

(...) La plate-forme artificielle qui portait le Temple des Yeux de Brak [3000 av. J.-C.] renfermait, profondément enfouis, quatre édifices plus anciens dont le plan était fondamentalement le même que celui du dernier. Beaucoup de vestiges des trésors qui leur étaient consacrés se rattachent à ces premiers temples. Les idoles des yeux en albâtre blanc et noir, et dont il existe des milliers, se distinguent de la multitude d'objets découverts dans ces niveaux inférieurs. Elles se composent généralement d'un corps mince comme un biscuit surmonté de deux yeux humains qui autrefois étaient teintés de peinture à la malachite. Elles constituent très probablement les offrandes votives de chaque membre de la population à un dieu omnivoyant, veillant sur les destinées de la cité. (...)

13 novembre 2021

ALIBI AT DUSK (Ben Benson, 1950)


· Édition poche, 1952, Bantam Books
·

(...) "Qu'as-tu dans les arrière-salles, Akima ?"
    "C'est du passé tout ça, inspecteur."
    "La porte est toujours là. Cette grande, en acier."
    "On a quelques salles de club, pour les parties privées. Les nouveaux proprios tiennent à maintenir un lieu respectable, de grande classe. Allons, un autre verre ? Sur le compte de la maison. Pour célèbrer votre retour."
    "J'ai eu ma dose," dit Paris. "Tu es juste le manager ici, à présent ?"
    "C'est exact, inspecteur."
    "Qu'en est-il des salles que tu as à l'étage ?"
    Les mains d'Akima eurent un léger tremblement. Il se mit à tripoter sa cravate. "Ces pièces sont utilisées pour le stockage."
    "Tout le monde a l'air d'avoir tourné la page."
    "Tout ça, c'est du passé," dit Akima avec irritation.
    "Tu as décroché de la coke, maintenant, Akima ?"
    "Je n'en prends plus," lâcha Akima. "J'ai écopé de quatre-vingt-dix jours de travaux forcés la dernière fois que vous êtes venu. Vous le savez bien. J'ai décroché là-bas. Vous êtes à côté de la plaque, inspecteur. Cet endroit a une licence de la ville et nous suivons tous les règlements. Nous n'avons aucun compte à rendre à la police d'état."
    "Il y a encore des lois contre le jeu et la prostitution," dit Paris. "Mais nous reviendrons à ça plus tard. Je veux voir Candy Brooks."
    "Que lui voulez-vous, inspecteur ?"
    "L'affaire Janess."
    "Que pourrait-elle avoir à faire avec ça ?"
    "Je ne sais pas. Mais je vais le découvrir."
    "Elle ne sait rien du tout de l'affaire Janess."
    "Je veux la voir quand même."
    Akima fixa ses chaussures un moment avant de répondre. "Je n'aime pas ça. Elle à un numéro à présenter dans un instant. Pourquoi n'attendriez-vous pas plus tard ?"
    "Maintenant," dit Paris. "Ca ne me prendra pas longtemps."
    "D'accord," dit Akima. "Mais elle ne sait absolument rien. Vous pouvez la voir dans mon bureau. C'est derrière, par ici."
    Paris se leva en abandonnant son verre. Le barman revint. Il saisit le verre avec deux doigts, lui adressa une grimace, et l'envoya se fracasser dans une poubelle derrière le bar."
(...)
[Traduit de l'anglais]

10 novembre 2021

LE RETOUR DES DIEUX (Jimmy Guieu, 1967)


· Édition originale, 1967, Fleuve Noir ·

(...) Ils pénétrèrent dans une imposante salle sur les murs de laquelle s'alignaient une multitude de grands écrans télévisionneurs subspatiaux. Devant chacun d'eux se dressait un pupitre de commandes complexes, bardé de voyants lumineux associés à des contacteurs diversement colorés.
    Le vieillard s'approcha de l'un des écrans dont le servant – en tunique blanche à spirale dorée – s'inclina très bas pour le saluer.
    – L'heure est-elle propice pour une action de Grâce, Toulong ?
    Le Grand Prêtre leva la tête pour consulter l'un des planisphères lumineux reproduisant les continents terrestres :
    – Ô Divine Sagesse, l'heure est propice pour Lourdes, en France. C'est dimanche et la foule doit y être nombreuse.
(...)

09 novembre 2021

TROIS SIÈCLES D'HISTOIRE DE FRANCE - vol. I/III (G. LENOTRE, 1898/1942)


· Édition originale, 1977, Librairie Académique Perrin ·

(...) La première fois que Jean-Baptiste Greuze, passant rue Saint-Jacques, devant la boutique de livres que tenait Babuti, entrevit, parmi les rayons chargés de volumes, le figure de la jolie Gabrielle, fille du libraire, il revenait de Rome, où il avait passé deux ans, et reprenait contact avec Paris. Son ami Diderot lui avait parlé déjà de la petite Babuti, qu'il s'amusait à taquiner chaque fois que ses perpétuelles randonnées à travers la ville le ramenaient vers la rue Saint-Jacques. Alors plein de jeunesse et de belle humeur, Diderot entrait dans la librairie et, du ton le plus innocent, demandait à la charmante gardienne du magasin : « Mademoiselle, voulez-vous me donner le Portier des Chartreux ? – Oh ! monsieur, nous n'avons que des livres honnêtes. – Et la Tourière des carmélites ? – Mais nous ne vendons pas de pareilles vilenies ! – Ah ! faisait le philosophe, jouant la confusion, ce sont des vilenies ? Moi, je n'en savais rien. » Et, ravi des rougeurs dont s'empourpraient les joues de Gabrielle, Diderot s'excusait, faisait un grand salut et s'esquivait en riant. (...)

07 novembre 2021

LES VACANCES DE BÉRURIER (Frédéric Dard, 1969)


· Édition originale, 1969, Fleuve Noir · 
Pour adultes 

(...) – Et marie-Marie ? m'inquiété-je soudain, réalisant l'absence de la gosse.
    
– Elle est à la salle à manger des enfants, renseigne Berthe. C'est une gamine déjà trop délurée que la fréquentation des grandes personnes ne lui vaut rien.
    Y'a des mots qui tisonnent le destin. Comme la Baleine profère les ci-dessus, on perçoit un fracas de verrerie pulvérisée dans les régions avoisinant la salle à manger. On croit que c'est un accident de cuisine. La maladresse d'un serveur. Mais dans le fond de la pièce, une porte à doubles battants
s'ouvre à la volée, et un serveur surgit en titubant. Il a un Saint-Honoré écrasé sur la figure, un seau à champagne en guise de casque et il marche au radar, mains en avant, dans la position du médium en charge. Des rires juvéniles fusent d'au-delà des portes qui n'arrêtent pas de battre en contrariété. Le maître d'hôtel principal, un beau personnage grave et grisonnant, avec des épaulettes d'or, se précipite sur le loufiat crémeux et l'aide à se décasquer.
   
L'autre ressemble à un skieur après une chute dans de la profonde. Il regarde autour de lui, réalise qu'il s'est gourré d'issue, mais n'en explose pas moins :
    
– Je donne ma démission, glapit-il, des mômes pareilles, c'est pas tenable !
   
– Je suis sûre que c'est ma nièce, nous confie Berthaga en fonçant.
    Elle réapparaît deux minutes plus tard, en poursuivant Marie-Marie. La môme trace entre les tables pour échapper à la fureur tantesque.
(...)

03 novembre 2021

EXTRA-TERRESTRIALS AMONG US (Georges C. Andrews, 1986)


· Réédition, 1995, Llewellyn Publications ·

(...) Le premier incident remarquable se révéla par l'intermédiaire de la ligne téléphonique d'alerte OVNI (914-739-6830) de Peter Gersten. Au soir du 12 septembre [1985], de21h00 à 22h30, un grand nombre inhabituel de rapports furent déposés sur cette ligne. Tous décrivaient un objet extraordinaire, parsemé de lumières, à basse altitude au-dessus de la ville de New York et des secteurs environnants tels que Yonkers et New Rochelle. Certains des correspondants témoignaient d'une forme en "V". Aux dires d'autres témoins, les lumières variaient en apparence. Plusieurs des appelants déclarèrent avec certitude qu'un objet très volumineux était impliqué, car les étoiles étaient occultées ou cachées à la vue lors de son passage au-dessus des têtes. J'ai écouté le rapport d'une femme qui, en compagnie de son mari, vit l'objet au moment où la configuration de ses lumières commençait à se modifier. Son témoignage m'était familier ; le processus qu'elle décrivait était pratiquement identique à celui observé par une dame que j'avais interviewée à Goshen, CT. Les média commentèrent à peine ce phénomène. Channel 7 News à 23h00 cette nuit-là mentionna d'inhabituelles lumières aperçues au-dessus du secteur de New York City. (...)
[Traduit de l'anglais]

31 octobre 2021

METHUEN'S LIBRARY OF HUMOUR (Harry Graham, 1934)

 
· Édition originale, 1934, Methuen & co ·

Quand grand-mère avait dix-sept ans
Et que régnait la reine Victoria,
Elle portait des robes d'alépine
Et l'on célébrait sa beauté ;
Elle épousa grand-père (pourtant
Elle préférait un autre prétendant
Qui jouait du piccolo)
Parce que c'était son devoir
Et non pas, soyez-en certain, parce qu'
Elle savait combien il était riche.
(...)
[Traduit de l'anglais]

OVNI - E.T. LA VÉRITÉ CACHÉE (Jimmy Guieu, 1997)

· Manuscrit, 1997, non publié ·

(...) Le Docteur Louis Bon de Brouwer est International Special Consultant For Health and Ecology IAEWP-ONU-UNESCO - Chargé de Recherches. Il dénonce sans ambages l'action à la longue pernicieuse, selon lui, de nombreux vaccins "imposés" aux humains pratiquement dès leur naissance, certains abaissant leur résistance immunitaire ou entraînant des effets secondaires graves ; et de citer des exemples confortant ses alarmes. Je constate cependant un état de fait troublant : les hyper-trusts et conglomérats industriels qui président aux destinées des innombrables vaccins et de l'agro-alimentaire qui nous sont imposés, ont des connexions directes ou indirectes avec des ténors de la Trilatérale, du Bilderberg Group et du C.F.R. (Council On Foreign Relations). (...)