(...) J'avais hérité de mon papa la passion des automates. J'en possède un bon nombre que mes électroniciens animent parfaitement. J’aurais voulu en créer d'autres, en créer des masses, que l'on prendrait pour des hommes véritables. En cela, j'ai été dépassé par les princes qui, secrètement, gouvernent les peuples. Ils savent « robotiser » mieux que moi. Ils y emploient leurs savants, leurs journaux, leurs rabâcheurs politiques. Tout leur sert. La télévision, la radio, la littérature, la publicité, l'automobile, l'allocation à la reproduction en série ! D'ailleurs, plus besoin bientôt de fabriquer des mannequins de plastique et métal. Quelques électrodes introduites dans les cerveaux humains, et la grande révolution sera accomplie. L'homme aura laissé sa place au sujet commandé par ondes. Crie : « Vive chose ! » Gueule : « Vive machin ! » Vote ici ! Vote là ! N'achète pas ! Achète ! Fais l'amour ! Fais la guerre ! (...)
23 janvier 2023
LA NUIT DES TRÉPASSÉS (Jean Murelli, 1967)
27 août 2022
L'AILE DE L'ABÎME (Dominique Henri Keller, 1955)
(...) Le ressuscité fut exact au rendez-vous. Il avait longuement réfléchi et s'était demandé s'il ne risquait rien à sortir au vu et au su de tout le monde.
Mais qui aurait pu penser à cette supercherie tragique ? Pour tout le monde, Andy Sadan était mort et bien mort. On pourrait seulement incriminer le hasard ou la coïncidence si quelqu'un qui avait connu le négociant venait à rencontrer Simon Arrow.
Toutefois, pour sauvegarder les apparences et pour ne pas trop tenter le destin, il avait décidé de porter un chapeau, alors qu'il était de notoriété publique que Sadan sortait toujours nu-tête, et il avait mis sur son nez d'épaisses lunettes noires. (...)
29 avril 2022
ONIRIA (Jimmy Guieu, 1962)
(...) Une douce torpeur avait envahi Raymond Dubray et Micheline Laurent peu après que le masque inhalateur leur eut été appliqué, tout au début de l'expérience. Pendant un temps qu'ils n'auraient pu évaluer, ils sombrèrent dans l'inconscience, incapables d'échanger la moindre pensée. Les vapeurs du Kélène, en les anesthésiant, avaient sur le moment totalement interrompu leurs communications télépathiques.
Puis, graduellement, ils éprouvèrent des sensations étranges mais indéfinissables dans les couches sous-jacentes de leur conscient. Un malaise inexplicable s'empara de leur esprit au fur et à mesure que se développait en eux la prise de conscience de leur état proche du sommeil normal. Car ils commençaient à peine à raisonner, au sortir du néant initial de l'anesthésie. Brusquement, et avec une rapidité qui les rendait insaisissables dans leur détail, des visions cauchemardesques les assaillirent. (...)
02 avril 2022
LEUR ÂME AU DIABLE (Dominique Arly, 1967)
(...) Sans répondre, le Marchand de Diables se leva, prit la baladeuse, et, sa lumière élevée à bout de bras, il gagna le fond de l'atelier, suivi des ombres vacillantes.
L'Homme Noir l'accompagna.
La rangée de diables sur l'étagère parut s'ébranler ; toutes les têtes, toutes les cornes, parurent menacer l'intrus et, là-haut, les diables anciens brandirent leurs fourches, dont certaines n'avaient plus qu'une dent.
Le docteur Ruval s'accroupit.
Le père Gellaz avait ouvert les deux portes de l'armoire. Il avait dit : « C'est là... » et il tenait toujours la lampe mais il s'écartait.
– Le dernier rayon, souffla-t-il. Enlevez les châles qui les recouvrent.
L'Homme Noir retira les châles brodés et les posa sur l'étagère supérieure. Des dos de livres reliés apparurent.
Le docteur leva une main, comme s'il prêtait serment. Et il parla lentement, accentuant les sonorités métalliques de sa voix :
– Conjuro te cito mihi obedire. (...)
.png)

.png)
.png)
.png)