(...) Il faut bien distinguer les deux éléments dont se composa la foule qui se porta sur la Bastille. D'une part une horde de gens sans aveu, ceux que les documents contemporains ne cessent d'appeler « les brigands » et, d'autre part, les citoyens honnêtes – ils formaient certainement la minorité – qui désiraient des armes pour la constitution de la garde bourgeoise. La seule cause qui poussa cette bande sur la Bastille fut le désir de se procurer des armes. Sur ce point tous les documents de valeur et tous les historiens qui ont étudié l'évènement de près sont d'accord. Il n'était pas question de liberté, ni de tyrannie, de délivrer des prisonniers, ni de protester contre l'autorité royale. La prise de la Bastille se fit aux cris de : Vive le Roi ! tout comme, depuis plusieurs mois en province, se faisaient les pillages de grain. (...)
12 mars 2023
LES SECRETS DE LA BASTILLE (Frantz Funck-Brentano, 1932)
19 mai 2022
L'ANCIEN RÉGIME (Frantz Funck-Brentano, 1926)
(...) « Voilà comment je traite les amoureux ! » s'écriait Pierre Retif en cinglant son fils de coups de fouet comme un cheval vicieux. Les mésalliances – ou, pour parler plus exactement en nous servant du néologisme créé par le marquis de Mirabeau, les désalliances – étaient le grand danger pour les familles constituées comme nous venons de le dire. Chacune de ces familles avait ses mœurs, ses sentiments, sa position sociale héréditairement définis. Par l'introduction d'un élément disparate, auraient été amenés des coutumes, des idées, des sentiments, des mœurs par trop différents et qui auraient menacé de ruiner cet organisme auquel les générations, séculairement, avaient tout sacrifié et sur lequel reposait la société elle-même.
L'individu ne comptait pas : la famille le primait, et de très haut. En étudiant la société de l'Ancien Régime, nous nous en étonnerons moins. Admet-on de nos jours que les unions dans les maisons souveraines soient déterminées par l'amour ? – On n'y songe pas.
Ce que nous disons des familles souveraines s'applique aux grandes maisons princières ou seigneuriales, identiques en leur essence, en leur structure, en leurs intérêts, en leurs aspirations, bien que sur une moindre échelle.
Imagine-t-on une demoiselle, dont la gracieuse petite personne traîne à sa suite une chaîne infinie, se mariant au désir de son cœur ; le trouble que l'allure cavalière d'un galant aurait pu apporter dans d'immenses intérêts? (...)
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