(...) Car la nuit du 17 au 18 février donna lieu au spectacle le plus extraordinaire que les radaristes de l'aéroport d'Orly aient jamais observé sur leurs écrans. Ce fut, en tous points, une réédition complète de la nuit du 20 juillet 1952, à Washington.
Il était 22 h. 55 quand le phénomène commença de se manifester par un brouillage de l'écran des radars du centre de contrôle régional : des taches, en forme de croissant, « de banane », se formèrent sur les cadrans. Et soudain, au milieu de ces taches, un « blip » apparut. Il était plus large, plus intense que les habituels points lumineux signalant un avion dans le ciel. Il avait la même luminosité verdâtre.
Croyant à un dérèglement du radar, le chef de l'équipe de quart, M. Devaux, appela l'ingénieur de service. Un examen approfondi, diverses vérifications, confirmèrent que le radar fonctionnait normalement.
Pendant ce temps, l'engin inconnu parcourait le ciel de l'Ile-de-France, disparaissant, reparaissant, s'immobilisant, puis parcourant l'espace à des vitesses fantastiques, que des recoupements permirent d'évaluer à 2.600 km à l'heure, avec des pointes frôlant les 4.000 km.-h.
Vers minuit, le DC3 d'Air-France, Paris-Londres, décolla. Comme il arrivait vers 1.500 mètres d'altitude, le contrôle d'Orly l'appela : « Attention, un engin non identifié se dirige vers vous... »
L'avion était alors à la verticale d'Orgeval.
Sur sa droite, le pilote, le commandant Dessavoi aperçut une lumière rouge qui clignotait. Il dégagea sur sa gauche pour l'éviter. Pendant trente secondes, l'équipage suivit des yeux la lueur insolite, qui, maintenant, filait vers le Bourget.
Mais le radar du Bourget ne devait rien enregistrer : radar d'atterrissage à portée restreinte, il était trop faible pour « attraper » la chose, qui, pendant deux heures encore, allait mener une sarabande effrénée, jouant à cache-cache avec les avions, fonçant sur eux pour les éviter à la dernière seconde, puis se lançant dans de nouvelles et fulgurantes évolutions.
Vers deux heures du matin, elle disparut à la verticale de la balise d'Orly. (...)
.png)
