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03 août 2022

UNEASY LIES THE HEAD (William L. Rohde, 1957)


· Édition originale, 1957, Ace Books
·

(...) "Il y a pas mal d'années, une gitane qui s'était amourachée de moi m'a fait avaler un café d'amoureux. Punaise ! Quelle nuit ce fut!"
    "Quel genre de café ?"
    "J'ai appris plus tard la recette par un puro rom. Elle y avait mis une tasse de café fort et ajouté deux cuillères de cannelle, cinq clous de girofle, dix grains de vanille, une pointe de muscade, et deux gouttes de teinture de cantharide –"
    "Remède de cheval," m'exclamai-je. "C'est un filtre d'amour ou un poison ?"
    "Ça n'est pas tout. Elle avait ensuite passé le café dans une chemise de nuit qu'elle avait portée au moins deux nuits. Après qu'elle l'eut réchauffé, elle me le servit. Je l'ai bu." Son regard traversait le mur comme s'il fixait un point à six mille kilomètres d'ici. "Je ne savais pas ce que c'était, à ce moment-là," continua-t-il, se parlant un peu à lui-même. "Le goût en était sucré mais fort, très agréable après le Cognac que j'avais bu. Elle devint soudain la plus belle femme du monde, et moi un véritable Hercules amoureux. L'effet était durable, en plus – nous sommes restés ensemble huit jours."
    "Qu'est- il arrivé ensuite ?"
    " J'ai dû rentrer en Angleterre. J'étais censé la retrouver l'été suivant à Belgrade. Elle n'y était pas. J'ai trouvé des gitans, mais pas Rena. Elle s'était mariée et avait migré en Hongrie, m'ont-ils dit. Je ne l'ai jamais revue."
    Je restai silencieux à beurrer les tartines, et à remplir des petites assiettes de confiture. Un homme a bien le droit de revisiter ses souvenirs.
    Après qu'il se soit éclairci la gorge en reprenant maladroitement une cigarette, j'ajoutai, "Je me demande si Peggy connaît cette recette. Non pas qu'elle serait prête à m'en servir."
    "N'en soyez pas si sûr. Peut-être même vous invitera-t-elle à dîner, un de ces jours, et qu'elle vous préparera des boulettes de viande. Des boulettes dans une sauce puissante, en fait."
    "Vous avez testé ça aussi ?"
    "Non, mais je connais la méthode. Elles mélangent de la viande hachée avec oignon et épices, puis la fille les roule sur ses seins et son ventre, avant de garder chaque boulette sous ses aisselles pendant au moins trois minutes. C'est à dire, si elle souhaite que vous tombiez amoureux d'elle, naturellement. Si vous mangez cette préparation, vous êtes aussi cuit que les boulettes."
    "C'est une recette qui a du sens," remarquai-je. "Elles savent que la transpiration est un aphrodisiaque."
(...)
[Traduit de l'anglais]