(...) Un instant, les trois hommes gardèrent le silence. Mᵉ Gérin, les yeux baissés, réfléchissait. Pierre Brives regardait anxieusement l'avocat dont il attendait la décision, et Jacques Michellier continuait à examiner le neveu de l'assassinée.
En lisant les détails du crime, Jacques avait eu la pensée que l'héritier pourrait bien être le complice de la demoiselle de compagnie. Mais la démarche que tentait aujourd'hui le jeune homme faisait tomber cette supposition, d'ailleurs toute gratuite, l'enquête n’ayant révélé contre lui aucun indice. Et, si l'idée d'une entente criminelle entre Pierre et Denise est venue à d'autres qu'à Jacques, personne n'en a exprimé le soupçon.
Cette jeune Denise aux yeux si purs est donc seule responsable, instigatrice du crime, comme elle en est l'exécutrice ?
Eh bien ! le secrétaire de Mᵉ Gérin, simplement parce qu'il a vu dans les illustrés le visage candide de l'accusée, se refuse à la croire coupable et se sent prêt à la défendre, tout comme le fiancé aveuglé par la passion, et cela malgré tant de preuves accumulées. (...)
