· Édition originale, 1968, Fleuve Noir ·
25 septembre 2023
29 août 2023
30 juillet 2023
MÉNAGE TES MÉNINGES (Frédéric Dard, 1969)
(...) – Laisse-le moi, y me plaît ! fait dans mon dos la voix graillonneuse et tant aimée de Bérurier.
Et le Gravos fait une entrée de théâtre. Il a ses bretelles qui lui battent les noix, une veste de pyjama au lieu de chemise, sa veste est partagée en deux dans le dos, il est sans chapeau et sans souliers. Ses chaussettes grises sont ravaudées avec du coton rouge. On dirait qu'il a deux truites de six livres à la place des pieds.
– T'as eu le naze creux en me bigophonant, fait-il. Figure-toi que pendant que tu me causais la Rousse investissait l'hôtel. (...)
31 mars 2023
SAN-ANTONIO POLKA ( Frédéric Dard, 1963)
(...) Je reprends mes prouesses amygdaliennes là où je les ai laissées. Elles ne semblent pas déplaire à la môme Lydia, bien au contraire. La voilà qui se plaque contre moi, qui m'étreint, qui me chevauche, qui me comprime, qui m'exprime, qui s'incruste, qui s'insinue, qui s'empare, qui ne désempare pas, qui promet, qui tient, qui tient bien, qui n'y tient plus, qui se dit que deux tu les as vaut mieux qu'un tien tu l'auras... (...)
26 février 2023
LA RATE AU COURT-BOUILLON (Frédéric Dard, 1965)
(...) Comme dans les films américains des années 30, la belle Eczéma est à sa coiffeuse. Elle porte un déshabillé qui mérite bien son blaze ; tellement transparent, il est, qu'on a l'impression que la dame s'est fringuée uniquement avec de la fumée de cigarette. Le cadre de son miroir est en or massif, vous aviez rectifié de vous-mêmes. Elle se tourne vers moi en m'apercevant et me virgule un sourire d'accueil qui ferait fondre l'obélisque de la place de la Concorde. (...)
24 novembre 2022
FAUT ÊTRE LOGIQUE (Frédéric Dard, 1967)
(...) – Dites, Larnacq, le houspillé-je, ne jouez pas les grands timides au moment de vous mettre à table, parce que nous risquerions de perdre patience !
Bérurier intervient.
– Tu penses que le Maître n'a pas envie de nous faire languir, dit-il gentiment. Il se doute bien qu'autrement sinon je lui filerais des petites caresses en jus de muscles !
Joignant le geste à la parole et désireux d'illustrer sa menace, le Gros cloque une mandale sur le museau frelaté de Larnacq qui en éternue ses lunettes.
– Je... Je vais parler, assure le tabellion.
– Ben évidemment, déclare le Gros, tu penses que j'en doute pas, pépère, puisque si tu causais pas tu te ferais massacrer, faut être logique...
Le notaire s'humecte les lèvres avec son triste bout de langue.
– Je... j'avais une bonne assurance, dit-il... dans différentes compagnies suisses et anglaises...
– Ça ne m'étonne pas de vous, affirmé-je, vous êtes un méticuleux dans votre genre, Maître.
– Alors j'ai fait une déclaration de vol très... très... (...)
28 juin 2022
SAN-ANTONIO CHEZ LES "GONES" (Frédéric Dard, 1968)
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· Edition originale, 1968, Fleuve Noir ·
(...) – C'est le grand circus dans la cour de l'école. La fiesta des big days. Les mouflets ont investi le groupe scolaire et ils ont commencé à l’anéantir systématiquement.
Les morceaux de craie sont écrasés, ils jouent au foot avec les éponges, ils ont dessiné des phallus sur les tableaux, les bureaux sont empilés les uns sur les autres, et les cahiers sont devenu basse-cour (cocottes en papier), ou escadrilles d'avions. Bref, it is the bavordavel intégral.
En arrivant dans la strass, le Gros, que sa picolanche de la nuit et mes sarcasmes ont foutu en renaud, pique une crise féroce.
– Qu'est-ce que j'aspers-je ! trépigne Son Enormité courroucée. On fait la vacherie dans ma classe ! En vingt ans de carrière j'ai jamais vu ça !
Il se précipite sur les marmots et se met à les boxer à tout va. Les gnons pleuvent drus. Je suis obligé d'intervenir.
– Hé ! Molo, Gros, c'est pas une armada de blousons noirs, seulement des écoliers en folie.
Intrigué, je me rends dans la classe voisine. La même agitation l'embrase. J'interroge un tout petit.
– Et ta maîtresse ?
– L'est pas là, m'sieur.
– Vous l'avez pas vue ce matin ?
– Non, m'sieur...
Le cœur étreint d'une affreuse angoisse, je grimpe au logement de Rosette. Sa porte n'est pas fermaga à clé et je n'ai même pas à faire appel à sésame pour entrer. Personne ! Tout est en ordre, le lit est fait, mais pas de Rosette ! (...)
17 mai 2022
L'ARCHIPEL DES MALOTRUS (Frédéric Dard, 1967)
(...) – Gardes ! Vite ! La justice de Sa Majesté ne souffre pas de retard.
Les colosses aux corps couleur d'ébène s'emparent de nos personnes en deux temps trois mouvements (quatre au plus).
Ils nous entraînent vers le fond de la salle.
– Admirez la clémence de Sa Majesté, poursuit la vieille frappe, on va seulement vous couper le cou. Il m'aurait appartenu de décider seul, je vous aurais arraché chaque parcelle de chair avec des tenailles rougies !
– Je reconnais bien là la mansuétude de la reine Kelbobaba, dis-je. Veuillez la remercier pour nous.
– Il en sera fait selon votre dernière volonté, déclare sans humour le devin.
Il montre Béru :
– Commencez par lui !
Ma parole, c'est pas de la frime. Ecoutez, se faire sectionner le cigare dans une grotte, en plein Pacifique, y a de quoi perdre la tête, non ? Et le plus fortissimo de caoua, c'est que moi qui vois toujours la feinte à Jules dans les circonstances dramatiques, eh bien ! en ce moment je vois rigoureusement bézef, les gars. (...)
19 mars 2022
LE LOUP HABILLÉ EN GRAND-MÈRE (Frédéric Dard, 1962)
(...) – Mais rien ne tient. C'est le mystère, San-Antonio. LE MYSTERE !
– Si nous rendions une petite visite à Fouassa ? suggéré-je.
– Quand ?
– Tout de suite. C'est presque un voisin. Vaucresson est à huit kilomètres d'ici.
– Pour quoi faire ?
– Pour renifler. Quand dans une enquête on ne possède aucun élément positif, on essaie de fonctionner à l'atmosphère, méthode Maigret, Pinuche. Tu bois un verre de bière en regardant le dargeot de la patronne du bistrot et tu piges tout. Voilà trente ans que Simenon nous explique ça. (...)
02 février 2022
SALUT, MON POPE (Frédéric Dard, 1966)
(...) Des volumes tout ce qu'il y a de volumineux et une ligne de bassin qui mystifie le bassin Aquitain. La tête n'est pas déplorable non plus. Brune, bronzée, le regard clair, la bouche bien faite... C'est tout de même marrant, la vie. On est là à se pâmer le chou-fleur pour un visage, sous prétexte qu'il est mignon, harmonieux et tout. Et pourtant, hein ? Après tout c'est quoi, une bouille ? Deux yeux gélatineux ? Deux narines, deux cages à miel, une bouche ; autrement dit des trous, quoi !
L'homme consacre sa vie à des trous, en conclusion. Il gravite autour d'orifices plus ou moins propres, son existence durant. C'est débectant à y réfléchir de près. (...)

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