(...) Chaque homme vit sa vie de façon différente. Les uns parlent sans discontinuer. Les autres sont familiers du silence. Certains ont besoin d'être entourés d'autres hommes pour se sentir bien. D'autres ne sont eux-mêmes qu'en se retrouvant seuls, au moins de temps en temps. Benedikt n'était pas ennemi du genre humain. Mais il l'évitait pendant ses randonnées de l'Avent. Quand il était dans la montagne, il en faisait partie, d'une certaine façon. Et ce n'était sûrement pas l'endroit pour écouter des bavardages incessants ! Jadis, il était plus tolérant. Mais il vieillissait, c'était incontestable. Où donc étaient la paix et la sérénité profonde qu'il avait éprouvées le dimanche précédent ? Ce sentiment d'apaisement et d'attente. C'était seulement cinq jours plus tôt, aussi incroyable que ça puisse paraître. Si tout s'était passé comme prévu, il serait sur le point de rentrer chez lui. Et il était là, aussi usé que ses haillons, usé de corps et d'esprit. Les années passent et on les sent passer. (...)
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