(...) Ce matin-là, Hilarion XIV, roi de Boulimie, se réveilla de fort méchante humeur. En jouant à le belotte la veille au soir avec son valet de chambre – que voulez-vous, quand on est roi, les distractions ne sont pas très nombreuses – Sa Majesté avait perdu les derniers trente-cinq francs qui lui restaient sur ses petites économies personnelles. Or, deux jours plus tôt, son grand trésorier lui avait signifié qu'il ne pouvait plus lui lâcher un "radis" (monnaie du pays qui ne vaut guère plus que notre franc actuel) jusqu'à la fin du mois.
D'autre part, l'accorte et jeune camériste qui était chargée depuis un mois déjà du réveil de l'auguste souverain, avait filé, la veille, avec un acrobate roumain venu en représentation de gala au palais, à l'occasion des dix-huit ans de la princesse Viviane. Or, pour des raisons qu'il ne nous appartient, ni à vous ni à moi, d'approfondir, Hilarion XIV appréciait tout particulièrement la manière aimable qu'avait cette jeune fille de chambre de le faire passer du rêve à la réalité. (...)
29 novembre 2021
PRINCESSE NICHONNETTE (André Chandor, 1929)
THE DEFINITIVE WEE BOOK ON DOWSING (Hamish Miller, 2002)
(...) Par la radiesthésie nous manipulons un outil qui stimule des sens au-delà des cinq habituels. Cette voie permet d'admettre les limitations de notre courante perception. En prenant conscience que peuvent être remises en question les restrictions sociales, spirituelles et morales qui ont contrôlé historiquement nos schémas de pensée, qu'elles peuvent être modifiées ou abolies, émerge la liberté de choisir soi-même le mode de vie que nous souhaitons suivre. (...)
[Traduit de l'anglais]
27 novembre 2021
TIME TO LIVE (John Rackham, 1966)
(...) Par terre et par mer s'acheminaient vers Dangelar les "miettes de la table du riche", toutes ces choses précieuses sans utilité pour les Kalmedans, mais dont les Terrans étaient avides et qui pouvaient se vendre pour d'énormes profits. Depuis Dangelar, par vaisseaux traversant le vide, partaient des fourrures et des plumes, des fruits exotiques et des épices, les gemmes étranges et les minéraux rares. A Dangelar affluaient les touristes, les excursionnistes, les chasseurs de souvenirs. Ainsi, dans le quartier central de la capitale se dressaient tous les somptueux bureaux de chaque entreprise Terran importante. (...)
[Traduit de l'anglais]
23 novembre 2021
LE NOUVEAU DÉFI DES O.V.N.I. (Jean-Claude Bourret, 1976)
1er MAI 1975 : ATTERRISSAGE PRÈS D'UNE PATROUILLE DE GENDARMES
(...) Le jeudi 1er mai 1975 à 23 h 10, nous effectuons une patrouille de surveillance dans les communes de Lezay, Saint-Coutant et Sainte-Soline, circulant à bord de notre véhicule sur le chemin départemental 15, dans le sens Sainte-Soline-Lezay, nous nous trouvons au lieu-dit Bois-de-la-Trouille. Nous apercevons alors dans le ciel une boule lumineuse de couleur jaune vif d'un diamètre apparent de 20 centimètres environ, se déplaçant d'est en ouest. Elle se rapproche du sol à une vitesse régulière. Cet objet semble vouloir se poser à une faible distance de nous.
Constatations : A 23 h 15, nous nous transportons immédiatement en direction du lieu supposé de l'atterrissage. Arrivés à l'intersection du chemin départemental 15 et du chemin départemental 45 nous observons à travers des haies, direction ouest, à environ 3 ou 4 mètres du sol, un scintillement lumineux. Nous estimons que ce phénomène se situe dans un pré, au lieu-dit Vaugru, en bordure du chemin départemental 105, à 400 mètres de la sortie ouest de Lezay.
A 23 h 17, nous étant approchés des lieux et ne remarquant rien de particulier au premier abord, nous descendons de notre véhicule pour examiner plus particulièrement cette zone. Presque aussitôt nous entendons un léger bruit, genre froissement d'ailes et nous constatons qu'un engin, dont nous ne pouvons déterminer la forme exacte et la couleur, s'élève rapidement suivant une trajectoire est-ouest, laissant apparaître deux lumières rouges de faible intensité, genre dispositif réfléchissant, distantes horizontalement l'une de l'autre d'environ 50 à 60 centimètres. (...) A 23 h 20, quelques instants après le présumé décollage, l'appareil reprend sa couleur initiale jaune vif et se stabilise à une altitude et à une distance que nous ne pouvons apprécier. Il nous apparaît alors semblable à un disque d'un diamètre de 20 cm. Devant l'immobilité prolongée de l'OVNI nous l'observons à la jumelle. Nous découvrons que l'appareil est muni de deux ailerons verticaux de 10 centimètres de longueur, placés l'un au-dessus du disque, l'autre en dessous. De plus, l'intérieur de la boule lumineuse semble parsemé de points noirs fixes. A 23 h 25, devant la persistance de ce phénomène, nous nous rendons immédiatement sur la place des Halles de Lezay, où, en compagnie de témoins, nous poursuivons durant trente minutes l'observation. Ce n'est que vers 23 h 45 que l'objet disparaît rapidement vers l'ouest. (...)
18 novembre 2021
UN P'TIT MODÈLE (René Virard, 1927)
(...) – Je te dis que tes seins tombent, Kiki ; moi je te dis que tes seins tombent. Bien sûr ! ça ne se voit pas quand tu es habillée. Mais tes seins dégringolent.
Celle qui devait s'appeler Kiki dans l'intimité, une grosse rousse elle aussi, attrapa son corsage à pleines mains :
– Mes seins tombent ? Répète-le un peu que mes seins tombent ?
– Je te dis Kiki que tes seins dégringolent !
Des boutons giclèrent contre les glaces, de l'étoffe se déchira : poussée à bout, Kiki exhiba deux seins lourds, voluptueux, auréolés de brun, qu'elle soupesa comme une matronne qui choisirait des courges :
– Je te souhaiterais d'en avoir toute ta vie des pareils, mon petit...
– Pour me servir d'oreiller, ou de traversin ?
Kiki ne répondit pas : le gérant de la brasserie se précipitait, la serviette en bataille, en criant au scandale. Il intima l'ordre à toute l'équipe d'avoir à quitter la maison séance tenante. Une maison si tranquille !
Kiki renveloppa ses tétons, mais pour se venger, avant de franchir le tambour de la porte, aux applaudissements de tous, elle releva ses jupes d'un geste preste et exhiba au nez du gérant un visage sinon souriant, du moins assez joufflu pour avoir l'air de se payer sa tête. (...)
17 novembre 2021
TROIS CONTES (Gustave Flaubert, 1877)
(...) Éclatant d'une colère démesurée, il bondit sur eux à coups de poignard ; et il trépignait, écumait, avec des hurlements de bête fauve. Puis il s’arrêta. Les morts, percés au cœur, n'avaient pas même bougé. Il écoutait attentivement leurs deux râles presque égaux, et, à mesure qu'ils s'affaiblissaient, un autre, tout au loin, les continuait. Incertaine d'abord, cette voix plaintive longuement poussée se rapprochait, s'enfla, devint cruelle ; et il reconnut, terrifié, le bramement du grand cerf noir. (...)
16 novembre 2021
L'AURORE DE LA MÉSOPOTAMIE ET DE L'IRAN (Max Mallowan, 1965)
· Édition française, 1966, Éditions Sequoia ·
(...) La plate-forme artificielle qui portait le Temple des Yeux de Brak [3000 av. J.-C.] renfermait, profondément enfouis, quatre édifices plus anciens dont le plan était fondamentalement le même que celui du dernier. Beaucoup de vestiges des trésors qui leur étaient consacrés se rattachent à ces premiers temples. Les idoles des yeux en albâtre blanc et noir, et dont il existe des milliers, se distinguent de la multitude d'objets découverts dans ces niveaux inférieurs. Elles se composent généralement d'un corps mince comme un biscuit surmonté de deux yeux humains qui autrefois étaient teintés de peinture à la malachite. Elles constituent très probablement les offrandes votives de chaque membre de la population à un dieu omnivoyant, veillant sur les destinées de la cité. (...)
13 novembre 2021
ALIBI AT DUSK (Ben Benson, 1950)
(...) "Qu'as-tu dans les arrière-salles, Akima ?"
"C'est du passé tout ça, inspecteur."
"La porte est toujours là. Cette grande, en acier."
"On a quelques salles de club, pour les parties privées. Les nouveaux proprios tiennent à maintenir un lieu respectable, de grande classe. Allons, un autre verre ? Sur le compte de la maison. Pour célèbrer votre retour."
"J'ai eu ma dose," dit Paris. "Tu es juste le manager ici, à présent ?"
"C'est exact, inspecteur."
"Qu'en est-il des salles que tu as à l'étage ?"
Les mains d'Akima eurent un léger tremblement. Il se mit à tripoter sa cravate. "Ces pièces sont utilisées pour le stockage."
"Tout le monde a l'air d'avoir tourné la page."
"Tout ça, c'est du passé," dit Akima avec irritation.
"Tu as décroché de la coke, maintenant, Akima ?"
"Je n'en prends plus," lâcha Akima. "J'ai écopé de quatre-vingt-dix jours de travaux forcés la dernière fois que vous êtes venu. Vous le savez bien. J'ai décroché là-bas. Vous êtes à côté de la plaque, inspecteur. Cet endroit a une licence de la ville et nous suivons tous les règlements. Nous n'avons aucun compte à rendre à la police d'état."
"Il y a encore des lois contre le jeu et la prostitution," dit Paris. "Mais nous reviendrons à ça plus tard. Je veux voir Candy Brooks."
"Que lui voulez-vous, inspecteur ?"
"L'affaire Janess."
"Que pourrait-elle avoir à faire avec ça ?"
"Je ne sais pas. Mais je vais le découvrir."
"Elle ne sait rien du tout de l'affaire Janess."
"Je veux la voir quand même."
Akima fixa ses chaussures un moment avant de répondre. "Je n'aime pas ça. Elle à un numéro à présenter dans un instant. Pourquoi n'attendriez-vous pas plus tard ?"
"Maintenant," dit Paris. "Ca ne me prendra pas longtemps."
"D'accord," dit Akima. "Mais elle ne sait absolument rien. Vous pouvez la voir dans mon bureau. C'est derrière, par ici."
Paris se leva en abandonnant son verre. Le barman revint. Il saisit le verre avec deux doigts, lui adressa une grimace, et l'envoya se fracasser dans une poubelle derrière le bar." (...)
[Traduit de l'anglais]
10 novembre 2021
LE RETOUR DES DIEUX (Jimmy Guieu, 1967)
(...) Ils pénétrèrent dans une imposante salle sur les murs de laquelle s'alignaient une multitude de grands écrans télévisionneurs subspatiaux. Devant chacun d'eux se dressait un pupitre de commandes complexes, bardé de voyants lumineux associés à des contacteurs diversement colorés.
Le vieillard s'approcha de l'un des écrans dont le servant – en tunique blanche à spirale dorée – s'inclina très bas pour le saluer.
– L'heure est-elle propice pour une action de Grâce, Toulong ?
Le Grand Prêtre leva la tête pour consulter l'un des planisphères lumineux reproduisant les continents terrestres :
– Ô Divine Sagesse, l'heure est propice pour Lourdes, en France. C'est dimanche et la foule doit y être nombreuse. (...)
09 novembre 2021
TROIS SIÈCLES D'HISTOIRE DE FRANCE - vol. I/III (G. LENOTRE, 1898/1942)
(...) La première fois que Jean-Baptiste Greuze, passant rue Saint-Jacques, devant la boutique de livres que tenait Babuti, entrevit, parmi les rayons chargés de volumes, le figure de la jolie Gabrielle, fille du libraire, il revenait de Rome, où il avait passé deux ans, et reprenait contact avec Paris. Son ami Diderot lui avait parlé déjà de la petite Babuti, qu'il s'amusait à taquiner chaque fois que ses perpétuelles randonnées à travers la ville le ramenaient vers la rue Saint-Jacques. Alors plein de jeunesse et de belle humeur, Diderot entrait dans la librairie et, du ton le plus innocent, demandait à la charmante gardienne du magasin : « Mademoiselle, voulez-vous me donner le Portier des Chartreux ? – Oh ! monsieur, nous n'avons que des livres honnêtes. – Et la Tourière des carmélites ? – Mais nous ne vendons pas de pareilles vilenies ! – Ah ! faisait le philosophe, jouant la confusion, ce sont des vilenies ? Moi, je n'en savais rien. » Et, ravi des rougeurs dont s'empourpraient les joues de Gabrielle, Diderot s'excusait, faisait un grand salut et s'esquivait en riant. (...)
07 novembre 2021
LES VACANCES DE BÉRURIER (Frédéric Dard, 1969)
(...) – Et marie-Marie ? m'inquiété-je soudain, réalisant l'absence de la gosse.
– Elle est à la salle à manger des enfants, renseigne Berthe. C'est une gamine déjà trop délurée que la fréquentation des grandes personnes ne lui vaut rien.
Y'a des mots qui tisonnent le destin. Comme la Baleine profère les ci-dessus, on perçoit un fracas de verrerie pulvérisée dans les régions avoisinant la salle à manger. On croit que c'est un accident de cuisine. La maladresse d'un serveur. Mais dans le fond de la pièce, une porte à doubles battants s'ouvre à la volée, et un serveur surgit en titubant. Il a un Saint-Honoré écrasé sur la figure, un seau à champagne en guise de casque et il marche au radar, mains en avant, dans la position du médium en charge. Des rires juvéniles fusent d'au-delà des portes qui n'arrêtent pas de battre en contrariété. Le maître d'hôtel principal, un beau personnage grave et grisonnant, avec des épaulettes d'or, se précipite sur le loufiat crémeux et l'aide à se décasquer.
L'autre ressemble à un skieur après une chute dans de la profonde. Il regarde autour de lui, réalise qu'il s'est gourré d'issue, mais n'en explose pas moins :
– Je donne ma démission, glapit-il, des mômes pareilles, c'est pas tenable !
– Je suis sûre que c'est ma nièce, nous confie Berthaga en fonçant.
Elle réapparaît deux minutes plus tard, en poursuivant Marie-Marie. La môme trace entre les tables pour échapper à la fureur tantesque. (...)
03 novembre 2021
EXTRA-TERRESTRIALS AMONG US (Georges C. Andrews, 1986)
· Réédition, 1995, Llewellyn Publications ·
(...) Le premier incident remarquable se révéla par l'intermédiaire de la ligne téléphonique d'alerte OVNI (914-739-6830) de Peter Gersten. Au soir du 12 septembre [1985], de21h00 à 22h30, un grand nombre inhabituel de rapports furent déposés sur cette ligne. Tous décrivaient un objet extraordinaire, parsemé de lumières, à basse altitude au-dessus de la ville de New York et des secteurs environnants tels que Yonkers et New Rochelle. Certains des correspondants témoignaient d'une forme en "V". Aux dires d'autres témoins, les lumières variaient en apparence. Plusieurs des appelants déclarèrent avec certitude qu'un objet très volumineux était impliqué, car les étoiles étaient occultées ou cachées à la vue lors de son passage au-dessus des têtes. J'ai écouté le rapport d'une femme qui, en compagnie de son mari, vit l'objet au moment où la configuration de ses lumières commençait à se modifier. Son témoignage m'était familier ; le processus qu'elle décrivait était pratiquement identique à celui observé par une dame que j'avais interviewée à Goshen, CT. Les média commentèrent à peine ce phénomène. Channel 7 News à 23h00 cette nuit-là mentionna d'inhabituelles lumières aperçues au-dessus du secteur de New York City. (...)
[Traduit de l'anglais]
