(...) – Ah ! voyez-vous, l'canon a des effets désastreux pour beaucoup d'personnes. Son bruit affecte les oreilles des uns, l'estomaque ou les intestins des autres.
Aussi, je vais vous raconter une anecdote :
Moi qui vous parle, j'ai connu un home qui, à la suite d'un coup d'canon, a eu les boyaux du ventre détériorés pour tout l'restant d'ses jours.
Ça lui causa d'sales ennuis et des histoires abracadabrantes, comme vous allez voir, car il devint à charge à son prochain, aux autres et à lui-même.
Dieu, qui protège la France sur les pièces d'monnaie, s'dit un soir, en retirant ses sauchettes, qu'les Français étaient des êtres un peu ballots pour s'laisser gouverner d'puis dix-huit ans par un idiot comme Napoléon III, et qu'en conséquence de c'lui-ci ils avaient besoin d'une leçon soignée.
Il jeta en 1870 un peu d'huile diplomatique su l'feu qui couvait entre la France et l'Allemagne, et aussitôt la guerre éclata.
A l'époque dont s'agit, l'grand-du d'Gérolstein était cap'taine des uhlans.
Il entra en campagne dès la déclaration d'la guerre et il espérait bien rapporter des boisseaux d'croix, des charretées d'honneurs, lorsqu'il lui arriva une aventure qui devait faire l'malheur de toute son existence.
Au premier coup de canon qu'il entendit, commença à foirer comme une pomme cuite.
Vous devinez combien il devait s'trouver bien à cheval avec un cataplasque d'cette nature au derrière.
L'soir, quand l'grand-duc put enfin mettre pied à terre, il changea d'caneçon, d'culotte et, le lendemain, il se remit en tête d'son escadron.
Mais, scrongnieugnieu, v'là qu'au moment où il s'y attendait l'moins, sa foire le reprit avec une intensité vraisemblablement r'marquable, et c'pendant on n'tirait pas l'canon.
A partir de c'jour, il alla sous lui comme une passoire sans qu'il lui fût p'sib'e d'prévoir l'moment pissaulogis.
Dans une situation aussi putride n'pouvait plus demeurer sur son cheval, il s'abîmait les fesses au point qu'elles n'avaient plus figure humaine, sans compter qu'il empuantissait tous ceux qui l'entouraient. D'Gérolstein s'vit donc obligé d'donner sa démission, s'retira dans son duché et vécu tristement dans l'château d'ses ancêtres où il appela toutes les célébrités médicinales à seul fin d'tarir la source de ses infirmités.
Mais aucun docteur n'comprit quéque chose à son foutu cochon d'cas qui s'aggravait chaque jour, au point qu'on avait été obligé d'fabriquer pour c'pauv'e duc un costume et des chaises spéciales. (...)
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18 septembre 2022
LES AVENTURES DE RONCHONOT (n° 2136 à 2141, 1938/39)
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