(...) Dans la nuit, une tornade subite et inexplicable a causé des dommages à la ferme de M. H. C..., adjoint et conseiller municipal de Pont-Hébert.
En effet, au cours de la nuit, Mme C... entendit subitement un bruit de tempête et tout rentra dans le calme.
Le matin, elle put constater que de nombreuses tuiles étaient brisées et que la toiture de sa ferme était endommagée. Les faîtières étaient arrachées en partie.
Mme C... qui est une personne digne de foi, nous a également déclaré qu'en allant traire ses vaches, elle se trouva soudain entourée d'une lumière diffuse.
Levant la tête, elle aperçut une énorme boule rouge, suivie d'un faisceau lumineux, le tout accompagné d'étincelles. Son commis déclara avoir observé le même phénomène à 21 heures. (...)
27 décembre 2021
OVNIS DU COTENTIN (Philippe Le Barillier, 1980)
EN LONG, EN LARGE ET EN TRAVERS (Frédéric Dard, 1958)
(...) – Je me souviens d'une enquête dans un château quand que j'étais à la criminelle. Des mecs qui donnaient une gardienne-partie... Drame passionnel ! Le fils de la taule avait balancé une bastos dans le chignon d'une petite bonne, because elle faisait des gâteries à son dabe ! Fallait du doigté : le dabe grand pote avec un ministre, tu vois le topo ?
– Et on t'a choisi ?
– Turellement ! J'étais dans mes petits souliers...
– Toi ! m'exclamé-je, incrédule, en louchant sur ses 47 Grand-Large !
– Alors là, San-Antonio, tu m'aurais vu, tu ne l'aurais pas cru : tout en finesse... De l'élégance, de la souplesse... Le bitos à la main pour causer aux dames... On parlait rien qu'au subjonctif ou, à la rigueur, au passé simple avec la valetaille ! Et des Mâme la baronne par là, et des liaisons à changement de vitesse. Tu mords le style ? « Je voudrais que vous alliassiez z'au fond du parc »... Là faut se surveiller ! Tu te rends compte que la langue française c'est vicelard et compagnie ! Je me rappelle, tiens, l'assassin... Quand y se fout à table. Tu sais ce qu'y me déballe, ce tocard ? j'« entretenais des amours ancillaires... » Textuel ! « Ancillaires », ça m'est resté. Ancillaire ! on se demande où y vont chercher ça... Je me souviens plus ce que ça veut dire, mais à l'époque, j'ai regardé dans le dictionnaire pour voir s'il se foutait pas de ma gueule ! (...)
23 décembre 2021
E.B.E. : ALERTE ROUGE (Jimmy Guieu, 1990)
(...) Bradford Corliss, un genou à terre, examinait l'une des vaches tuées, très proprement : les mamelles, la vulve et le rectum avaient été découpés avec une précision chirurgicale et pas une seule goutte de sang n'était visible, ni sur et autour de "champ opératoire", ni au sol.
– Regardez aussi leur tête, à ces pauvres bêtes...
L"une d'elles avait subi l'énucléation de l’œil gauche, l'ablation des lèvres supérieure et inférieure, de la langue et, là non plus, pas la moindre goutte de sang. (...)
19 décembre 2021
ON T'ENVERRA DU MONDE (Frédéric Dard, 1959)
(...) Alfred, le délayeur de gomina, prend illico les crosses de son bon-poids.
Protégé par les deux cent quarante livres de sa maîtresse, il laisse dégouliner sa bile. Il persifle, susurre, insinue, ironise. Il me dit que les flics ne sont bons qu'à jouer les gros bras ; qu'ils ne terrorisent que les honnêtes gens et que les truands se foutent de leur hure comme de l'an 40. Il prétend que nous ne sommes en réalité qu'une organisation de teigneux, de miteux, de ramollis... Le patron du bistrot se marre comme un congrès international de bossus.
Cet endoffé de gros émet des « Tsst, tsst ! » éplorés sur une longueur d'onde trop facile à brouiller. Et votre ami San-Antonio commence à sérieusement se demander s'il va déguiser le marchand de frictions en terrine de coiffeur ou en ravioli.
Je le chope par la cravate et, l'étouffant un peu pour freiner ses sarcasmes, je lui murmure d'un ton sans réplique :
– Toi, le lavement, écrase ou ce qui restera de toi pourra être vaporisé !
Il la boucle instantanément et devient d'un beau vert comme ses lotions à la fougère.
– Maintenant, racontez ! dis-je à la grosse.
Si elle pouvait me flanquer une fessée, elle n'hésiterait pas, la Berthe ! Son regard globuleux me fait songer à l'enseigne d'un opticien.
– Pas la peine de jouer les croquemitaines, me dit-elle. M. Alfred a raison : vous autres (et de désigner son conjoint en même temps que moi-même) les poulets, vous êtes forts en parlotes, mais pour les actes... Vous savez ce qui m'est arrivé ?
– Je vous le demande depuis dix minutes, chère madame.
Elle passe un doigt monstrueux sur sa moustache, tire un peu sa jupe, se cale un nichon vagabond dans le monte-charge et commence tout en pourléchant ses lèvres grasses afin de s'huiler les syllabes :
– Lundi après-midi, je suis allée faire des courses sur les Champs-Élysées, et notamment à la maison Corot...
– Exact, aboie le gros, voulant accréditer les allégations de sa pétasse ; je suis t'été vérifier tantôt, la vendeuse du premier, une charmante blonde...
– Tais-toi, crétin ! dit Berthe.
Béru se pose illico des points de suture. La femme-canon poursuit :
– Je quittais ce magasin de tissus et je passais le porche lorsqu'un monsieur très bien de sa personne, mais qui ne causait pas français, m'a demandé de le suivre jusqu'à sa voiture...
– Comment avez-vous compris ce qu'il vous disait s'il ne parlait pas français ?
Elle se remonte le nichemard droit aussi haut qu'elle peut, sur son avant-bras, puis le lâche et ça fait le bruit d'un sac de farine largué à six mille mètres d'altitude pour ravitailler des populations isolées.
– Vous oubliez, commissaire, qu'il est un langage international : celui des gestes. (...)
17 décembre 2021
DIANA GANTÉE (René-Michel Desergy, 1932)
(...) Madame,
« J'ai déjà servi chez plusieurs dames de la haute société, également très nerveuses comme vous me dites l'être vous-même, et je leur ai donné toujours toute satisfaction.
« Je suis brune, de bonne taille et assez fortement développée des hanches pour trouver très naturel le port du corset très serré qui fait mieux se tenir pour le service.
« J'approuve également pour les domestiques les bottes montantes et à hauts talons cambrant bien le pied et moulant en un dessin pur toute la jambe, ainsi que la jupe relativement courte : c'est à dire aux genoux. J'ai toute ma garde-robe : jupe noire, corsage étroit de satin, sans manches car je sers ordinairement en longs gants qui ne laissent nu qu'un tout petit peu du bras, tout juste avant l'épaule. Mes dessous sont de lingerie blanche, ma culotte plutôt une sorte de cache-sexe en voile très mince ; je l'enlève d'ailleurs pour recevoir les punitions. Maintenant si madame doit m'imposer un autre uniforme particulier, je n'ai pas en cela à transiger sur ses volontés. (...)
15 décembre 2021
DES IMAGES POUR LES DIEUX (Jean Clottes & Meenakshi Dubey-Pathak, 2013)
(...) Même au premier abord, l'art rupestre indien paraît beaucoup plus complexe que l'art des cavernes européennes. Non seulement on y trouve de nombreuses espèces animales et une majorité d'humains, mais ces derniers s’adonnent à toutes sortes d’activités, pacifiques ou guerrières. En outre, comme nous le verrons, ils sont souvent représentés habillés, portant des coiffes complexes et des armes très diverses. (...)
L'AFFAIRE DE NEUILLY (Marie Thiery, 1927)
(...) Un instant, les trois hommes gardèrent le silence. Mᵉ Gérin, les yeux baissés, réfléchissait. Pierre Brives regardait anxieusement l'avocat dont il attendait la décision, et Jacques Michellier continuait à examiner le neveu de l'assassinée.
En lisant les détails du crime, Jacques avait eu la pensée que l'héritier pourrait bien être le complice de la demoiselle de compagnie. Mais la démarche que tentait aujourd'hui le jeune homme faisait tomber cette supposition, d'ailleurs toute gratuite, l'enquête n’ayant révélé contre lui aucun indice. Et, si l'idée d'une entente criminelle entre Pierre et Denise est venue à d'autres qu'à Jacques, personne n'en a exprimé le soupçon.
Cette jeune Denise aux yeux si purs est donc seule responsable, instigatrice du crime, comme elle en est l'exécutrice ?
Eh bien ! le secrétaire de Mᵉ Gérin, simplement parce qu'il a vu dans les illustrés le visage candide de l'accusée, se refuse à la croire coupable et se sent prêt à la défendre, tout comme le fiancé aveuglé par la passion, et cela malgré tant de preuves accumulées. (...)
14 décembre 2021
LA BLONDE SAVAIT TUER (Paul Tossel, 1953)
(...) – Ils n'iront pas loin... Le quartier général de Round-Bill se trouve à Summertown... Un bled perdu à cent milles de ce col : c'est là que la brune enfant va livrer sa précieuse mallette. Retournons à ma voiture, elle contient un poste émetteur et récepteur : nous allons alerter Farnhett.
– Qui est Farnhett ?
– Le barman du Pink-Pig, la boîte de nuit où Round-Bill tient ses assises... Farnhett est un homme à nous qui est parvenu à entrer et à se maintenir dans la place depuis deux ans. Son poste d'émission et de réception se trouve dans le couvercle de la chasse d'eau du w.-c. des dames. (...)
13 décembre 2021
LES ÉNERGIES SECRÈTES DU DRAGON (Guy Tarade & Michel Coviaux, 1995)
(...) Nous l'avons vu, les Dracontia celtes étaient des mégalithes. Ces pierres levées qui eurent à subir les foudres de l’Église, jouaient un rôle important dans la nature. En effet, on le sait aujourd'hui, notre planète est parcourue par un réseau de courants électriques qui est en quelque sorte son système nerveux, avec des centres (chakras) et des zones d'influence. Les Indous désignent sous le nom de fluide akasique les différents courants qui circulent dans le sol.
Les anciens nommèrent ces innervations invisibles : Les Veines du Dragon.
Les animaux ressentent ces mystérieux effluves et savent fort bien où ils doivent établir leur tanière, leur nid ou leur gîte.
Ces radiations ont une influence marquante sur la santé et le comportement humain. Certaines zones sont infiltrées par des ondes nocives, qui altèrent la santé des êtres qui y vivent. Ces ondes nocives détruisent l'équilibre vital des animaux et des végétaux, et engendrent au cœur des minéraux des électrolyses qui désagrègent les pierres. (...)
10 décembre 2021
BÉRU-BÉRU (Frédéric Dard, 1970)
(...) On roule un moment en direction des faubourgs. J'aime les faubourgs italiens. Ils n'ont pas la tristesse grise des nôtres. Au contraire, ils sont pétants de vie et d'allégresse. L'humanité dégouline sur les trottoirs. Ça sent la friture, la vinasse, le safran. Ça sent l'enfance joyeuse. Le bébé qu'on vient de faire ! Celui qu'on va fignoler tout à l'heure. La pauvreté y semble source de joie. Ils sont pleins de grosses femmes volubiles, de vieillards édentés, de mâles en chaleur. Y'a des beignets partout, du poisson frit, de la tomate. Et puis des gosses, surtout ! Jaillissant de tous les orifices de la rue, des gosses sales et beaux, barbouillés de rires. Y'a plus que les Italoches qui soient encore un peu vivants en Europe. Ailleurs, c'est fini, ça s'éteint dans des oxydes de carbone. Même en Espagne. Une grande ombre accablante s'étale sur le vieux continent. (...)
03 décembre 2021
LA DISPARUE DE MINUIT TRENTE (René Virard, 1933)
(...) Le commissaire Carriolet ne se sous-estimait pas, mais il ne se prenait pas non plus pour un aigle. Il aimait son métier et l'exerçait avec conscience. Il y avait des affaires particulièrement difficiles qu'il réussissait comme en soufflant dessus, et d'autres, bien qu'elles eussent, de prime abord, l'apparence d'un simple jeu d'enfant, qu'il ratait indubitablement. (...)
