(...) Sarah ressemble à sa mère, ce qui fait que j'aurais voulu la mettre en pension. Elle ressemble non point, hélas ! à ce que sa mère était à son âge, quand nous nous sommes fiancés, mais bien à ce que l'ont fait devenir les soucis de la vie matérielle, et j'allais dire la culture des soucis de la vie (car certainement Amélie les cultive). Certes j'ai bien du mal à reconnaître en elle aujourd'hui l'ange qui souriait naguère à chaque noble élan de mon cœur, que je rêvais d'associer indistinctement à ma vie, et qui me paraissait me précéder et me guider vers la lumière – ou l'amour en ce temps-là me blousait-il ?... Car je ne découvre en Sarah d'autres préoccupations que vulgaires ; à l'instar de sa mère elle se laisse affairer uniquement par des soucis mesquins ; les traits mêmes de son visage que ne spiritualise aucune flamme intérieure, sont mornes et comme durcis. (...)
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