(...) Il y avait un table d'opération, des vitrines pleines d'instruments de chirurgie, des produits chimiques bien rangés sur des étagères, une table de laboratoire chargée de cornues, de tubes, de brûleurs à gaz et enfin une grosse centrifugeuse qu'il appelait G. On aurait dit un de ces appareils sur les lesquels s'entraînent les aviateurs, un de ces appareils sans ailes qu'on pilote comme un avion, auxquels on peut faire faire tout ce que fait un avion, mais qui ne quittent jamais leur support. Au centre de cet appareil était fixée une table équipée de lanières. Je lui demandai des explications.
– Je me sers de G pour faire repartir la circulation. On ne peut pas compter sur un cœur qui a cessé de battre. L'adrénaline ne suffit pas. Il faut une poussée du sang dans les artères pour ranimer le cœur. Cette machine tourne sur elle-même à toute vitesse, à un maximum de 1.500 tours par minutes. Je ne vais pas jusque-là, naturellement, mais la machine remet le sang en circulation. Un autre jour, je vous expliquerai le mécanisme en détail. Pour Lazare numéro 7, vous viendrez peut-être chez moi et vous verrez vous-même. (...)
29 mars 2023
LAZARE N° 7 (Richard Sale, 1942)
29 décembre 2022
LE PAIN DES JULES (Ange Bastiani, 1960)
(...) Au même instant, deux détonations claquèrent sec. Nino, à bout de nerfs, venait d'ouvrir le feu.
– Con ! lâcha Sinibaldi.
Dans la seconde, une rafale de balles fit voler en éclats les vitres de la véranda. Les débris de verre se mirent à pleuvoir autour de Toussaint, qui, toujours courbé en deux, poussa une pointe de course en marche arrière.
Une nouvelle fois, le soufflant de Petit-Nino cracha sa ration de plomb en direction des lauriers-roses.
Ne s'occupant plus de lui, Toussaint avait regagné l'entrée du hall, d'un coup de pied, repoussait les battants de la grille en fer forgé et fonçait droit devant lui. Il se glissa entre les meubles couverts de housses, buttant sur l'un, s'agrippant à l'autre et finit par se retrouver au débouché du grand vestibule d'entrée. (...)
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