24 novembre 2022

FAUT ÊTRE LOGIQUE (Frédéric Dard, 1967)


· Edition originale, 1967, Fleuve Noir ·

(...) – Dites, Larnacq, le houspillé-je, ne jouez pas les grands timides au moment de vous mettre à table, parce que nous risquerions de perdre patience !
    Bérurier intervient.
   
– Tu penses que le Maître n'a pas envie de nous faire languir, dit-il gentiment. Il se doute bien qu'autrement sinon je lui filerais des petites caresses en jus de muscles !
    Joignant le geste à la parole et désireux d'illustrer sa menace, le Gros cloque une mandale sur le museau frelaté de Larnacq qui en éternue ses lunettes.
   
– Je... Je vais parler, assure le tabellion.
   
Ben évidemment, déclare le Gros, tu penses que j'en doute pas, pépère, puisque si tu causais pas tu te ferais massacrer, faut être logique...
    Le notaire s'humecte les lèvres avec son triste bout de langue.
   
– Je... j'avais une bonne assurance, dit-il... dans différentes compagnies suisses et anglaises...
   
– Ça ne m'étonne pas de vous, affirmé-je, vous êtes un méticuleux dans votre genre, Maître.
   
– Alors j'ai fait une déclaration de vol très... très...
(...)

17 novembre 2022

LE COUP DU CHINOIS (Jacques-Henri Juillet, 1971)


· Édition originale, 1971, Continental Pocket ·

(...) La via Santa Lucia est à Gênes ce que la rue Bouterie est à Marseille, la rue Saint Denis à Paris, le petit Socco à Tanger, ou la « rue douze » à Hambourg. C'est une ruelle étroite, perdue dans ce quartier interlope du vieux port où chaque rue est coupée de couloirs, passages, « traboules », s'entrecoupant les unes aux autres dans un dédale inextricable qui en fait le paradis de la pègre et le refuge de tous les commerces illicites qu'on trouve dans tous les ports du monde.
    La rue, étroite et animée, rappelle les souks. Il y flotte toujours d'étranges odeurs où se mêlent la friture, les relents des bistrots à matelots et les fumets douceâtres qui s'échappent des soupiraux des « panèteries » où l'on cuit souvent toutes sortes de choses sauf du pain.
    Les commerces les plus hétéroclites y foisonnent et chaque pouce carré de trottoir a une valeur documentaire des plus édifiantes.
    On peut aussi bien y négocier toutes les marques de cigarettes du monde entier à des prix sans concurrence avec la Régie, l'achat d'une arme, d'un passeport ou les plaisirs tarifés d'une hétaïre aux charmes un peu fanés. Tout se passe dans la rue au vu et su de tout le monde.
    Et personne ne dit rien à personne.
    Peut-être parce que le mot liberté a encore un sens dans les escales de l'aventure.
(...)

10 novembre 2022

SEE YOU AT THE MORGUE (Lawrence G. Blochman, 1941)


· Réédition, 1951, Dell Books ·

(...) Les policiers de la dix-huitième circonscription déclarèrent que le cadavre du barbu Boris avait été découvert un peu avant sept heures ce matin, étendu dans la ruelle, et qu'il avait fallu attendre l'ouverture des boutiques et bureau avant de pouvoir interroger les gens du voisinage. Vers neuf heures, ils trouvèrent enfin des gens pour qui la description du mort était familière. Il s'agissait probablement de Boris Pilozor, responsable des commandes à l'entreprise de fourreur Henry Frye Co. (...)
[Traduit de l'anglais]