(...) Sans répondre, le Marchand de Diables se leva, prit la baladeuse, et, sa lumière élevée à bout de bras, il gagna le fond de l'atelier, suivi des ombres vacillantes.
L'Homme Noir l'accompagna.
La rangée de diables sur l'étagère parut s'ébranler ; toutes les têtes, toutes les cornes, parurent menacer l'intrus et, là-haut, les diables anciens brandirent leurs fourches, dont certaines n'avaient plus qu'une dent.
Le docteur Ruval s'accroupit.
Le père Gellaz avait ouvert les deux portes de l'armoire. Il avait dit : « C'est là... » et il tenait toujours la lampe mais il s'écartait.
– Le dernier rayon, souffla-t-il. Enlevez les châles qui les recouvrent.
L'Homme Noir retira les châles brodés et les posa sur l'étagère supérieure. Des dos de livres reliés apparurent.
Le docteur leva une main, comme s'il prêtait serment. Et il parla lentement, accentuant les sonorités métalliques de sa voix :
– Conjuro te cito mihi obedire. (...)
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