· Réédition française, 1985, Gallimard ·
21 septembre 2023
27 juillet 2023
FAIS-MOI CONFIANCE (James Hadley Chase, 1956)
(...) A force de me démener, je parvins à m'asseoir. Je me mis alors à le regarder en faisant de gros efforts pour le distinguer nettement. Le marron qu'il m'avait expédié avait drôlement fait tomber ma pression.
– O.K., Coco. Dis pas que je t'ai pas prévenu. Maintenant on va repartir à zéro. La prochaine fois que je tape, je te casse la mâchoire. Qu'est-ce qu'il voulait, le flic ? (...)
22 juillet 2023
ÇA IRA MIEUX DEMAIN (James Hdley Chase, 1983)
(...) Alors que j'avançai dans le corridor, suivi par Bill, le battant du fond s'ouvrit.
J'affrontai Hank Smedley.
Bill l'avait décrit mais je n'avais pas imaginé sa taille. Il n'était pas grand mais colossal, pas loin de deux mètres ; des épaules larges comme une porte de grange. D'après Bill, il avait une petite tête et c'était vrai. Une tête minuscule, laide, un nez épaté, des lèvres épaisses, de petits yeux luisants. Le modèle parfait pour un film d'épouvante.
– Qu'est-ce que vous voulez ? grinça-t-il en bouchant la porte.
Il avait des poings comme des jambons qu'il tenait crispés à ses côtés. D'une voix aimable, je demandai :
– Monsieur Hank Smedley ?
Cela le dérouta. Jamais aucun blanc ne l'avait encore appelé « monsieur », probablement. Ses poings s'ouvrirent.
– Ouais. Qu'est-ce que vous voulez ?
– J'appartiens à l'agence de détectives Acme, monsieur Smedley, dis-je toujours sur le même ton aimable. J'espère que vous pourrez m'aider.
Il m'examina avec méfiance. J'entendais presque grincer son semblant de cerveau.
– Aider ? grogna-t-il enfin. J'aide pas les hommes blancs. De l'air. Vous empestez ma boîte.
– Blanc, Noir, laissons tomber toutes ces conneries. Je m'appelle Wallace. Alors je vous appelle Hank, vous m'appelez Wallace et comme ça nous aurons une conversation entre gens civilisés.
Cette approche n'était pas dans ses cordes. Je le vis hésiter. Dans sa petite tête de débile, il ne savait pas s'il devait me casser la gueule ou rester planté là.
Il resta planté là. (...)
C'EST PAS DANS MES CORDES (James Hadley Chase, 1982)
(...) En retournant au Star Motel, Lucan fit travailler ses méninges.
Ainsi, un homme aussi riche et influent que Jamison voulait se débarrasser de sa femme ! Il offrait deux cent mille dollars. Lucan renifla. C'était de la gnognotte. La somme l'avait séduit, mais il comprenait maintenant que si Jamison entendait réellement traiter, ça allait lui coûter bien plus. Un demi-million, peut-être. Lucan fredonna joyeusement. Ça, oui, c'était de l'argent ! D'après ce qu'il venait d'apprendre par Drysdale, Jamison ne pouvait divorcer et il s'était probablement trouvé une petite amie. Un dur comme Jamison se foutrait de ce qu'il payait, du moment qu'il obtenait ce qu'il voulait.
Un personnage très important et bougrement dangereux, avait dit Drysdale.
Lucan le croyait aisément. Il lui faudrait s'y prendre prudemment. Malgré tout, en lui faisant une telle proposition, Jamison prêtait le flanc à un chantage subtil. (...)
30 juin 2023
LE CORBILLARD DE MADAME (James Hadley Chase, 1949)
(...) Mon premier soin au réveil, fut de m'inspecter dans la glace. Blondie m'avait bien arrangé. Mon nez avait doublé de volume, et j'avais l’œil droit complètement fermé. On aurait très bien pu me prendre pour la dernière victime de Joe Louis.
Furieux, je me remis au lit. Plus question de sortir Mardi avec une bille comme ça. Ça serait le meilleur moyen de la dégoûter de moi.
J'allumai une cigarette et me mis à réfléchir. Si nous étions mariés, tout ça serait sans importance. Au contraire, elle serait là aux petits soins, à me dorloter. Puis je me redressai avec consternation. Moi, marié ! Elle était raide celle-là ! Moi qui charriais tous les copains qui se laissaient mettre le grappin dessus, j'aurais bonne mine avec un fil à la patte. J'avais toujours frémi à l'idée de passer ma vie avec la même bonne femme et me voilà en train de peloter le projet !
Décidément, je commençais à me ramollir. Ce qu'il me fallait, c'était de l'exercice physique. Je me levai et m'envoyai une bonne lampée. (...)
07 juin 2023
A PIEDS JOINTS (James Hadley Chase, 1974)
(...) Deux heures s'étaient écoulées depuis la scène que j'avais eue avec Valérie. Assis à mon bureau, encore tremblant, j'étais trop occupé pour m'occuper des dossiers étalés devant moi.
Qu'avais-je fait ? me demandai-je sans cesse. Quelle influence démoniaque avais-je libérée en faisant claquer mes doigts ? Bien que Dyer m'eût averti, je ne m'attendais pas à une réaction aussi effrayant. Valérie s'était transformée en fantôme. Son visage avait perdu toute personnalité; il était inexpressif comme le faciès des morts. Ses yeux avaient le regard vide d'un aveugle. Puis elle se pencha en avant et contempla par-dessus mon épaule le mur en face d'elle. (...)
22 mai 2023
INFORTUNE (G.J. Arnaud, 1966)
(...) – Vous n'avez rien à craindre. Je vous promets le secret. C'est pour son contenu que vous avez tué Charly ?
– Ce n'est pas moi qui l'ai tué.
– Robert sourit tout en secouant la tête.
– Allons. Vous saviez que je vérifierais le chargeur et que je le viderais. A tout hasard, vous aviez placé cette balle-suicide dans le canon, mais vous comptiez sur mon horreur du sang. Vous aviez fait un beau calcul. Prat n'avait aucune chance en menaçant un gendarme avec une arme vide. N'importe quel policier aurait dégainé et tiré. Mais, à tout hasard, il y avait la balle dans le canon. Quel trésor cachez-vous dans ce coffret pour que vous alliez jusqu'au meurtre ? (...)
16 avril 2023
LE MEC PLUS ULTRA (Peter Randa, 1957)
(...) Sans en avoir l'air, je dois reconnaître qu'il m'aime beaucoup, le vieux. Je lui rappelle maman dont je suis le portrait. Ma mère, il l'a toujours placée sur un piédestal. Lorsque j'y pense, je me marre tout seul. Elle l'a vachement fait cocu. Moi j'étais au courant, lui pas. Elle s'était fait aménager un chouette petit coin pour recevoir ses amants. A Saint-Germain, dans notre propriété. Un bunker souterrain construit par les frisés sous l'occupation. Un bunker ultra secret qu'on n'a pas signalé aux autorités à la libération.
Ma mère est morte il y a deux ans. Un accident de bagnole. Elle a percuté un arbre à cent à l'heure. Rémy Vignaud, l'acteur, était avec elle. J'ai toujours pensé que son mauvais coup de volant, elle le devait à Rémy qui l'embrassait.
La famille, quand on prend la peine de l'examiner à froid, sans idées préconçues, ça vous blinde ! (...)
24 février 2023
POISON EN MER (Serge Laforest, 1956)
(...) Une main se posa sur le bras de Grant et le parfum de Katryn lui monta aux narines. Il se libéra d'une secousse, s'approcha de la forme et souleva la capote. Le visage de Marcia n'était qu'entrelacs de rigoles sanglantes. Ses yeux s'ouvraient sur un grand vide.
Grant laissa retomber la capote.
– Comment est-ce arrivé ? questionna-t-il à voix basse.
– Emmet l'entraîna à l'écart.
– La voiture est criblée de balles de mitrailleuse, répondit-il. Marcia Reagan en a reçu quatorze dans la tête et le haut du corps. Elle n'a pas souffert. (...)
29 décembre 2022
LE PAIN DES JULES (Ange Bastiani, 1960)
(...) Au même instant, deux détonations claquèrent sec. Nino, à bout de nerfs, venait d'ouvrir le feu.
– Con ! lâcha Sinibaldi.
Dans la seconde, une rafale de balles fit voler en éclats les vitres de la véranda. Les débris de verre se mirent à pleuvoir autour de Toussaint, qui, toujours courbé en deux, poussa une pointe de course en marche arrière.
Une nouvelle fois, le soufflant de Petit-Nino cracha sa ration de plomb en direction des lauriers-roses.
Ne s'occupant plus de lui, Toussaint avait regagné l'entrée du hall, d'un coup de pied, repoussait les battants de la grille en fer forgé et fonçait droit devant lui. Il se glissa entre les meubles couverts de housses, buttant sur l'un, s'agrippant à l'autre et finit par se retrouver au débouché du grand vestibule d'entrée. (...)
D'AMOUR ET DE PEUR (Juan de Linda, 1954)
(...) Le patron de la petite goélette cracha au sol : quelque chose de gluant, de noir, de malodorant : tabac à chiquer, alcool et piments. Il toisa le métis des pieds à la tête. Il était connaisseur d'hommes, le capitaine. On ne la lui faisait pas. Surtout pas un métis. Encore moins un métis comme Filippo. Il les connaissait tous, comme s'ils appartenaient à sa nombreuse progéniture grouillant un peu dans tous les ports où il avait passé. Ils n'étaient pas si nombreux cependant. (...)
07 août 2022
CAIN'S GIRL FRIEND (William Grote, 1957)
(...) Comme il regardait dehors par la fenêtre, son visage pâlit de fureur. L'appartement d'Helene était au-dessus du garage. Le sol était environ quatre mètres plus bas. Cette pièce avait été choisie pour entrer parce qu'elle était la plus éloignée de la chambre, et quiconque avait commis l'effraction avait dû utiliser une échelle ou une corde.
Sa rage l'enserra comme de mortels doigts d'acier, une émotion acérée, lacérante, qui griffa son esprit des sillons livides de la haine. Le procédé avait été le même pour assassiner Dan. Un incendie.
Il sut que cette nuit-là allait devoir le transformer. Qu'à partir de maintenant il ne pourrait plus se montrer aimable, plus jamais civilisé. Pour sa propre survie, il devait devenir aussi dur et impitoyable que l'incendiaire qui l'avait traqué jusqu'ici. (...)
[Traduit de l'anglais]
08 avril 2022
LE GANGSTER (Edgar Wallace, 1931)
(...) Il [Tony Perelli, le gangster] se leva, vit la lettre sur la table, la lut en hâte et se retourna, brusquement horrifié.
« Minn Lu, Minn Lu ! chevrota-t-il, vous êtes folle, voyons !... » Il entendit dehors la voix de Kelly [le policier] et l'appela.
Celui-ci entra, et vit tout d'un coup d’œil : le salon, la petite Minn étendue, morte, sereine, calme... le gangster bouleversé.
« Mon Dieu ! » s'écria-t-il.
Il vit dans la main de Tony le couteau que celui-ci avait ramassé par terre.
« Laissez tomber ça ! » Le couteau tomba.
« Ne bougez pas !... » Perelli était sous la menace d'un révolver.
« Ce n'est pas moi qui ai fait ça ! balbutia-t-il. C'est un suicide... La lettre est là... Voyez ! C'est elle qui l'a écrite !... »
Kelly ramassa la lettre et la lut lentement.
« Au revoir, Tony. Ceci vaut mieux que « Cicero » [maison close où Tony voulait l'envoyer]. Dieu vous bénisse ! »
Minn Lu avait signé.
Kelly regarda Minn, puis Perelli. Ensuite, il prit une allumette, l'alluma... et brûla la lettre.
« Vous avez tué vingt hommes et jamais vous n'avez rien eu, dit-il, la voix tremblante de haine contenue... Mais cette fois vous allez payer pour quelque chose que vous n'avez pas fait. C'est ça qui est drôle ! » (...)
21 mars 2022
TU GARDERAS TES BAS POUR MOURIR (Gérald Rose, 1951)
(...) Saïd eut un petit sourire qui mit à nu ses belles dents régulières, puis se pencha vers moi :
– Dis, madame Dédé...
– Je t'écoute...
– Tu peux toujours pas me donner le nom de l'assassin de mon frère ?
Je restai quelques secondes silencieuse. Puis saisie d'une inspiration soudaine, je répondis à Saïd:
– Peut-être !
– Ah ! haleta-t-il.
– Mais d'abord je te veux, chéri ! Donnant, donnant !
– Puisque je t'offre mille dollars !
– J'ai pas besoin de ton fric ! C'est toi qu'il me faut !
– Tu es drôle ! Qu'est-ce qui te plaît en moi ?
– Tout !
De nouveau Saïd devint cramoisi.
– Tiens ! fit-il. Tu me dis le nom de l'homme et tu as deux mille dollars !
– Ce n'est pas un homme !
– C'est une femme ?
– Oui !
– Je la connais ?
– Oui !
– C'est celle qui a eu peur de moi, l'autre jour ?
– Oui !
– Tu me le jures, madame Dédé ?
– Je te le jure, Saïd ! Va, je la hais autant que toi ! Elle a tué mon premier mari, après l'avoir torturé !
– Et tu ne l'as pas vengé ?
– Ensuite, c'est elle qui m'a fait enfermer dans cette maison où tu m'as trouvée !
– Et tu l'as laissée en vie ?
– J'ai jamais tué personne, mon pauvre petit ! Je crois que je saurais même pas !
Saïd me regarda longuement.
– Je te crois, madame Dédé ! fit-il. Je lis la vérité dans tes yeux ! Raconte-moi tout... Je te vengerai, en vengeant mon frère... (...)
13 février 2022
LA FOIRE AUX ASTICOTS (Frédéric Dard, 1955)
(...) – Et voilà le travail, ai-je dit à Emma. Tu vois que je suis devenu quelqu'un de très capable. Remarque, dans ce dernier cas, c'est un peu de la légitime défense.
Elle n'a pas répondu et s'est approchée un peu de Robbie. Ce dernier tournait au vert-bouteille et dégueulait sur le tapis.
– Allons Robbie, je lui ai dit, tiens-toi mieux que ça... Pour un larbin de bonne crèche tu n'es guère stylé !
Une joie mauvaise m'allumait. Ça me faisait rudement plaisir de voir ce mec cracher sa vie en rouscaillant. (...)

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