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17 août 2022

LA VIE SECRÈTE DES COUVENTS (Roland Gagey, 1953)

· Édition originale, 1953, édité par l'auteur ·

(...) L'évêque de Sisteron, Mgr Lafiteau, ayant attrapé un mauvais souvenir de son séjour chez la Gourdan [mère maquerelle du XVIIIe s.], s'encoléra en ces termes :
    « Vous mériteriez, vile mégère, que je vous fisse mettre à l'hôpital. J'ai reçu chez vous un fameux coup de pied de Vénus qui m'oblige à quitter la capitale pour aller rétablir ma santé en province. On a bien raison de dire qu'il y n'y a plus de probité, et qu'on ne sait vraiment à qui se fier. »
    Le diagnostic qu'avait posé, après certaine éruption consécutive à ses prouesses amoureuses chez la Gourdan, l'archevêque ne fut pas erroné, car l'abbé de Tencin écrivait, non sans ironie, à sa ... soeur :

    « L'évêque de Sisteron est parti d'ici avec la vérole, dit-il, c'est apparemment pour s'en faire guérir qu'il s'en va à la campagne. »
    Nul à cette époque ne se scandalisait des débauches du clergé et des moines, bien plus occupés à forniquer qu'à prier Dieu. On se contentait de chansonner ces vénérables ecclésiastiques :

Tous ces prédicateurs
Qui font trembler la chair
Et réforment nos mœurs
Sont les premiers à faire
L'amour
La nuit et le jour.

    Le roi nomma cependant une commission d'évêques dans le but de réprimer les orgies du bas clergé, et le chansonnier ajoute :

On a choisi cinq évêques paillards,
Tous cinq rongés de vérole et de chancre,
Pour réformer des moines trop gaillards.
Peut-on blanchir l'ébène avec de l'encre ? (...)