25 septembre 2021

LA VIE EN CHEMIN DE FER (Pierre Giffard, 1888)

· Édition originale, 1888, La Librairie Illustrée ·

(...) Le monsieur qui déjeune en wagon.
    
Pouah ! le sale ! ...
    Je l'ai en horreur ! C'est pour moi l'un des êtres les plus désagréables qui traversent la vie en chemin de fer.
    Par économie, il a emporté de quoi manger en route, soit un demi-poulet, soit un fragment de jambon enveloppé dans un papier blanc, auquel la graisse a donné une huileuse transparence. Il a sa petite bouteille de vin, son verre, son pain de deux sous, son sel dans un cornet de papier, son poivre dans un autre cornet, le tout roulé par précaution dans une serviette qu'il va étaler sur ses genoux.
    Attention ! C'est l'instant, c'est le moment ! Une demi-heure avant l'arrêt qui va vous permettre de déjeuner au buffet, ce voisin désagréable déploie sa serviette et sort de leur papier comestibles et ustensiles les uns après les autres. Si vous croyez que votre présence les gêne, détrompez-vous. Il dispose toutes ses petites affaires, il se tourne à demi vers la fenêtre, afin de pouvoir lancer plus commodément ses détritus sur la voie, et le voilà qui mastique, qui lèche, qui pourlèche, qui ronge, qui boit, qui sirote, avec une gravité insupportable. Il ne se doute pas qu'il est vilain à voir.
(...)

20 septembre 2021

BEHIND THE SCENES WITH THE MEDIUMS (David P. Abbott, 1907)

· Quatrième édition révisée, 1912, Open Court Publishing Company ·

(...) Un médium de première classe n'est pas seulement expert dans l'exécution de certains tours de prestidigitation, mais il est aussi très débrouillard quand l'occasion le requiert, et il est en particulier expert dans l'usage de la parole. (...)
[Traduit de l'anglais]

15 septembre 2021

QUI AIME BIEN... (Jacques d'Icy, 1916)

· Réédition, 1978,
Éditions Dominique Leroy ·  Pour adultes 

(...) Il est notoire dans tout Grenelle que dans une grande fabrique, connue, qui occupe un nombreux personnel féminin et que nous ne désignerons pas plus clairement, l'habitude existe depuis longtemps de déshabiller complètement toute nouvelle apprentie, de la coucher sur une table, autour de laquelle les ouvrières défilent, et, après avoir jugé de son académie, lui décernent quelques claques, dont le total constitue une abondante fessée.
    Les apprentis mâles, en bien moins grand nombre, sont mis dans le costume d'Adam, et fessés aussi quand ils ont le malheur de pénétrer dans les ateliers de femmes, où les envoient malicieusement les hommes occupés dans d'autres services de la maison et qui connaissent la plaisante coutume de ces dames.
(...) 

10 septembre 2021

LA NOUVELLE VAGUE DES SOUCOUPES VOLANTES (Jean-Claude Bourret, 1975)


·
Édition originale, 1975, Éd. France Empire ·

(...) « A ce moment-là, le moteur de la voiture s'est arrêté. Je suis descendue du marche-pied et mon mari du camion. Le projecteur s'est alors éteint pour révéler une sorte de grande ellipse. J'avais l'impression qu'il s'agissait d'une grosse rampe de néon, ronde ou elliptique, orange, puis, par la suite, verte. Ce sont deux teintes que je n'avais pas eu l'habitude de voir ; elles ne me semblaient pas des teintes "terrestres". L'orange était très brillant et en même temps, on a entendu un petit chuintement, mêlé d'un tout petit bruit tel celui d'une machine à coudre. Ce bruit était très faible, beaucoup moins fort que celui d'une voiture qui démarre. Puis la lueur s'est éloignée en biais, très vite. Au fur et à mesure que cette lueur elliptique prenait de l'écart, l'orange est passé au vert extrêmement brillant. C'étaient un vert et une brillance que je n'avais jamais vus. En s'éloignant de plus en plus, le vert s'est estompé par les côtés. Je ne sais pas si c'est à cause de l'altitude que j'ai éprouvé cette sensation, mais j'ai imaginé que cela s'éteignait et non pas s'éloignait. Cela s'éteignait par les bords pour ne laisser passer qu'un gros point lumineux. Lui aussi s'est éteint. Mais tout s'est passé si rapidement... » (...)

05 septembre 2021

RAIN (W. Somerset Maugham, 1921)


· Réédition, 1950s, Dell Publishing Company ·

(...) "J'aimerais que la pluie cesse un instant," dit Mme Macphail. "Je pourrais tenter de rendre cet endroit plus confortable en y mettant davantage de cœur si le soleil brillait."
    "Oh, si vous attendez ça, vous allez attendre longtemps, Pago-Pago est en quelque sorte l'île la plus pluvieuse du Pacifique. Voyez-vous, les collines, et cette baie, elles attirent l'eau, et de toute façon on doit s'attendre à de la pluie en cette période de l'année."
(...)
[Traduit de l'anglais]

03 septembre 2021

DESPOTISME FÉMININ (Alan Mac Clyde, 1934)

· Réédition, 1980, Éditions Dominique Leroy ·  Pour adultes 

(...) – Reste à mes pieds ! commanda Dolorès, j'aime te voir ainsi humiliée, voleuse !
    Concepcion blêmit sous l'insulte, en son cœur monta un immense désir de vengeance, mais son hôtesse la tenait trop bien, elle obéit sans révolte extérieure. Dolorès frappa dans ses mains. Don Pablo et Isa qui avaient assisté à la scène dissimulés derrière une tenture, apparurent.
(...)

01 septembre 2021

NUITS À PARIS (Rodolphe Darzens & Willette, 1889)

 
· Édition originale, 1889, E. Dentu, Éditeur ·

(...) Place Pigalle, le Rat mort est le plus ancien des cafés qui s'y trouvent. Il y a quelque vingt-cinq ans, quatre joyeux compères, le peintre Marchal, Léon Goupil, Victor Davau et Olivier Métra vinrent y prendre un apéritif. Ils trouvèrent le café en grand émoi : on venait de découvrir, dans la pompe à bière je crois, un énorme rat récemment décédé. « C'est ici le café du Rat Mort », s'écria Marchal, et ainsi fut baptisé l'endroit. Goupil tout aussitôt peignit au plafond la malheureuse bête, et Davau, plus tard, fit quatre panneaux oblongs qui ornent encore l'établissement. Extérieurement le café fait l'angle de la place Pigalle et de la rue Frochot ; intérieurement il a la forme d'un boyau coudé ; des artistes, des peintres l'ont fréquenté, le fréquentent encore. Mais le bruit court que c'est aujourd'hui le rendez-vous préféré des jeunes femmes que l'exemple de la poétesse Sapho initia aux rites mystérieux de Lesbos. Même, dit-on, de "grande dames" viennent avec leurs amoureux, y choisir une compagne d'une heure, l'auxiliatrice discrète et savante qui leur évitera les inévitables fatigues préliminaires.
    Le fait est qu'on y voit souvent souper de jeunes femmes, en tête à tête, gentiment.
(...)