(...) Alors que j'avançai dans le corridor, suivi par Bill, le battant du fond s'ouvrit.
J'affrontai Hank Smedley.
Bill l'avait décrit mais je n'avais pas imaginé sa taille. Il n'était pas grand mais colossal, pas loin de deux mètres ; des épaules larges comme une porte de grange. D'après Bill, il avait une petite tête et c'était vrai. Une tête minuscule, laide, un nez épaté, des lèvres épaisses, de petits yeux luisants. Le modèle parfait pour un film d'épouvante.
– Qu'est-ce que vous voulez ? grinça-t-il en bouchant la porte.
Il avait des poings comme des jambons qu'il tenait crispés à ses côtés. D'une voix aimable, je demandai :
– Monsieur Hank Smedley ?
Cela le dérouta. Jamais aucun blanc ne l'avait encore appelé « monsieur », probablement. Ses poings s'ouvrirent.
– Ouais. Qu'est-ce que vous voulez ?
– J'appartiens à l'agence de détectives Acme, monsieur Smedley, dis-je toujours sur le même ton aimable. J'espère que vous pourrez m'aider.
Il m'examina avec méfiance. J'entendais presque grincer son semblant de cerveau.
– Aider ? grogna-t-il enfin. J'aide pas les hommes blancs. De l'air. Vous empestez ma boîte.
– Blanc, Noir, laissons tomber toutes ces conneries. Je m'appelle Wallace. Alors je vous appelle Hank, vous m'appelez Wallace et comme ça nous aurons une conversation entre gens civilisés.
Cette approche n'était pas dans ses cordes. Je le vis hésiter. Dans sa petite tête de débile, il ne savait pas s'il devait me casser la gueule ou rester planté là.
Il resta planté là. (...)
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