08 avril 2022

LE GANGSTER (Edgar Wallace, 1931)


· Edition française, 1947, Hachette ·

(...) Il [Tony Perelli, le gangster] se leva, vit la lettre sur la table, la lut en hâte et se retourna, brusquement horrifié.
    « Minn Lu, Minn Lu ! chevrota-t-il, vous êtes folle, voyons !... » Il entendit dehors la voix de Kelly [le policier] et l'appela.
    Celui-ci entra, et vit tout d'un coup d’œil : le salon, la petite Minn étendue, morte, sereine, calme... le gangster bouleversé.
    « Mon Dieu ! » s'écria-t-il.
    Il vit dans la main de Tony le cout
eau que celui-ci avait ramassé par terre.
    « Laissez tomber ça ! » Le couteau tomba.
    « Ne bougez pas !... » Perelli était sous la menace d'un révolver.
    « Ce n'est pas moi qui ai fait ça ! balbutia-t-il. C'est un suicide... La lettre est là... Voyez ! C'est elle qui l'a écrite !... »
    Kelly ramassa la lettre et la lut lentement.
    « Au revoir, Tony. Ceci vaut mieux que « Cicero » [maison close où Tony voulait l'envoyer]. Dieu vous bénisse ! »
    Minn Lu avait signé.
    Kelly regarda Minn, puis Perelli. Ensuite, il prit une allumette, l'alluma... et brûla la lettre.
    « Vous avez tué vingt hommes et jamais vous n'avez rien eu, dit-il, la voix tremblante de haine contenue... Mais cette fois vous allez payer pour quelque chose que vous n'avez pas fait. C'est ça qui est drôle ! »
(...)