17 avril 2022

REFUGE COSMIQUE (Jimmy Guieu, 1968)


· Édition originale, 1968, Fleuve Noir ·

(...) – A quand remonte la destruction de ce refuge [lunaire], Log-Larnya ? s'informa Hopkins.
   – Selon votre chronologie temporelle, vers l'année mille neuf cent huit de votre calendrier. Il est d'ailleurs aisé de vérifier, fit-elle en s'approchant du pupitre de commande. Voyez, dans cette « fenêtre
», ces chiffres bloqués depuis le drame. Possédant notre langue, vous pouvez par conséquent lire notre alphabet et nos signes numériques.
    Le chef de mission lut sur le tambour rotatif l'inscription désignée par la jeune femme et hocha la tête :
    – Oui, cela correspond au trente juin mille neuf cent huit de notre ère.
    Samuel Parker réfléchit, perplexe :
    – C'est bizarre, Steve. Cette date me dit quelque chose. Je n'arrive pas à...
    – Sapristi ! s'exclama Hopkins. Mais oui, c'est ce jour-là qu'en Russie, à Podkamennaïa, dans la Toungouska, s'abattit ce que la plupart des astronomes ont appelé une « météorite géante » ! Cette zone de la Sibérie fut ravagée par un véritable cataclysme, bien que la prétendue météorite n'y eut creusé aucun cratère gigantesque, comme cela aurait dû être le cas pour un bolide aussi colossal !
    – En effet, confirma Reagan. Et depuis une trentaine d'années, des esprits ouverts et intelligents –  on en rencontre même chez les astronomes, surtout en Russie ! –  ont soutenu avec des arguments et même des preuves irréfutables, qu'il ne pouvait s'agir d'une météorite. L'hypothèse la seule capable de rendre compte des étranges traces laissées par ce cataclysme est celle de la désintégration en altitude d'un astronef géant.
    Log-Larnya suivait ce dialogue avec une vive surprise :
    – Nous ignorons évidemment ce curieux épisode de votre Histoire. Il se peut, effectivement, que l'un de nos astronefs en déroute ait cherché refuge sur une planète présentant des conditions de vie compatibles avec notre métabolisme. A-t-il été détruit par un appareil ennemi alors qu'il cherchait à se poser dans une zone inhabitée ? Cela est fort possible. Ces malheureux, hélas ! n'auront pu atteindre votre monde..., sinon sous forme de débris !
(...)