29 avril 2022

ONIRIA (Jimmy Guieu, 1962)


· Édition originale, 1962, Fleuve Noir ·

(...) Une douce torpeur avait envahi Raymond Dubray et Micheline Laurent peu après que le masque inhalateur leur eut été appliqué, tout au début de l'expérience. Pendant un temps qu'ils n'auraient pu évaluer, ils sombrèrent dans l'inconscience, incapables d'échanger la moindre pensée. Les vapeurs du Kélène, en les anesthésiant, avaient sur le moment totalement interrompu leurs communications télépathiques.
    Puis, graduellement, ils éprouvèrent des sensations étranges mais indéfinissables dans les couches sous-jacentes de leur conscient. Un malaise inexplicable s'empara de leur esprit au fur et à mesure que se développait en eux la prise de conscience de leur état proche du sommeil normal. Car ils commençaient à peine à raisonner, au sortir du néant initial de l'anesthésie. Brusquement, et avec une rapidité qui les rendait insaisissables dans leur détail, des visions cauchemardesques les assaillirent.
(...)