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· Edition originale, 1968, Fleuve Noir ·
(...) – C'est le grand circus dans la cour de l'école. La fiesta des big days. Les mouflets ont investi le groupe scolaire et ils ont commencé à l’anéantir systématiquement.
Les morceaux de craie sont écrasés, ils jouent au foot avec les éponges, ils ont dessiné des phallus sur les tableaux, les bureaux sont empilés les uns sur les autres, et les cahiers sont devenu basse-cour (cocottes en papier), ou escadrilles d'avions. Bref, it is the bavordavel intégral.
En arrivant dans la strass, le Gros, que sa picolanche de la nuit et mes sarcasmes ont foutu en renaud, pique une crise féroce.
– Qu'est-ce que j'aspers-je ! trépigne Son Enormité courroucée. On fait la vacherie dans ma classe ! En vingt ans de carrière j'ai jamais vu ça !
Il se précipite sur les marmots et se met à les boxer à tout va. Les gnons pleuvent drus. Je suis obligé d'intervenir.
– Hé ! Molo, Gros, c'est pas une armada de blousons noirs, seulement des écoliers en folie.
Intrigué, je me rends dans la classe voisine. La même agitation l'embrase. J'interroge un tout petit.
– Et ta maîtresse ?
– L'est pas là, m'sieur.
– Vous l'avez pas vue ce matin ?
– Non, m'sieur...
Le cœur étreint d'une affreuse angoisse, je grimpe au logement de Rosette. Sa porte n'est pas fermaga à clé et je n'ai même pas à faire appel à sésame pour entrer. Personne ! Tout est en ordre, le lit est fait, mais pas de Rosette ! (...)
