(...) – Je te dis que tes seins tombent, Kiki ; moi je te dis que tes seins tombent. Bien sûr ! ça ne se voit pas quand tu es habillée. Mais tes seins dégringolent.
Celle qui devait s'appeler Kiki dans l'intimité, une grosse rousse elle aussi, attrapa son corsage à pleines mains :
– Mes seins tombent ? Répète-le un peu que mes seins tombent ?
– Je te dis Kiki que tes seins dégringolent !
Des boutons giclèrent contre les glaces, de l'étoffe se déchira : poussée à bout, Kiki exhiba deux seins lourds, voluptueux, auréolés de brun, qu'elle soupesa comme une matronne qui choisirait des courges :
– Je te souhaiterais d'en avoir toute ta vie des pareils, mon petit...
– Pour me servir d'oreiller, ou de traversin ?
Kiki ne répondit pas : le gérant de la brasserie se précipitait, la serviette en bataille, en criant au scandale. Il intima l'ordre à toute l'équipe d'avoir à quitter la maison séance tenante. Une maison si tranquille !
Kiki renveloppa ses tétons, mais pour se venger, avant de franchir le tambour de la porte, aux applaudissements de tous, elle releva ses jupes d'un geste preste et exhiba au nez du gérant un visage sinon souriant, du moins assez joufflu pour avoir l'air de se payer sa tête. (...)
18 novembre 2021
UN P'TIT MODÈLE (René Virard, 1927)
17 novembre 2021
TROIS CONTES (Gustave Flaubert, 1877)
(...) Éclatant d'une colère démesurée, il bondit sur eux à coups de poignard ; et il trépignait, écumait, avec des hurlements de bête fauve. Puis il s’arrêta. Les morts, percés au cœur, n'avaient pas même bougé. Il écoutait attentivement leurs deux râles presque égaux, et, à mesure qu'ils s'affaiblissaient, un autre, tout au loin, les continuait. Incertaine d'abord, cette voix plaintive longuement poussée se rapprochait, s'enfla, devint cruelle ; et il reconnut, terrifié, le bramement du grand cerf noir. (...)
16 novembre 2021
L'AURORE DE LA MÉSOPOTAMIE ET DE L'IRAN (Max Mallowan, 1965)
· Édition française, 1966, Éditions Sequoia ·
(...) La plate-forme artificielle qui portait le Temple des Yeux de Brak [3000 av. J.-C.] renfermait, profondément enfouis, quatre édifices plus anciens dont le plan était fondamentalement le même que celui du dernier. Beaucoup de vestiges des trésors qui leur étaient consacrés se rattachent à ces premiers temples. Les idoles des yeux en albâtre blanc et noir, et dont il existe des milliers, se distinguent de la multitude d'objets découverts dans ces niveaux inférieurs. Elles se composent généralement d'un corps mince comme un biscuit surmonté de deux yeux humains qui autrefois étaient teintés de peinture à la malachite. Elles constituent très probablement les offrandes votives de chaque membre de la population à un dieu omnivoyant, veillant sur les destinées de la cité. (...)
13 novembre 2021
ALIBI AT DUSK (Ben Benson, 1950)
(...) "Qu'as-tu dans les arrière-salles, Akima ?"
"C'est du passé tout ça, inspecteur."
"La porte est toujours là. Cette grande, en acier."
"On a quelques salles de club, pour les parties privées. Les nouveaux proprios tiennent à maintenir un lieu respectable, de grande classe. Allons, un autre verre ? Sur le compte de la maison. Pour célèbrer votre retour."
"J'ai eu ma dose," dit Paris. "Tu es juste le manager ici, à présent ?"
"C'est exact, inspecteur."
"Qu'en est-il des salles que tu as à l'étage ?"
Les mains d'Akima eurent un léger tremblement. Il se mit à tripoter sa cravate. "Ces pièces sont utilisées pour le stockage."
"Tout le monde a l'air d'avoir tourné la page."
"Tout ça, c'est du passé," dit Akima avec irritation.
"Tu as décroché de la coke, maintenant, Akima ?"
"Je n'en prends plus," lâcha Akima. "J'ai écopé de quatre-vingt-dix jours de travaux forcés la dernière fois que vous êtes venu. Vous le savez bien. J'ai décroché là-bas. Vous êtes à côté de la plaque, inspecteur. Cet endroit a une licence de la ville et nous suivons tous les règlements. Nous n'avons aucun compte à rendre à la police d'état."
"Il y a encore des lois contre le jeu et la prostitution," dit Paris. "Mais nous reviendrons à ça plus tard. Je veux voir Candy Brooks."
"Que lui voulez-vous, inspecteur ?"
"L'affaire Janess."
"Que pourrait-elle avoir à faire avec ça ?"
"Je ne sais pas. Mais je vais le découvrir."
"Elle ne sait rien du tout de l'affaire Janess."
"Je veux la voir quand même."
Akima fixa ses chaussures un moment avant de répondre. "Je n'aime pas ça. Elle à un numéro à présenter dans un instant. Pourquoi n'attendriez-vous pas plus tard ?"
"Maintenant," dit Paris. "Ca ne me prendra pas longtemps."
"D'accord," dit Akima. "Mais elle ne sait absolument rien. Vous pouvez la voir dans mon bureau. C'est derrière, par ici."
Paris se leva en abandonnant son verre. Le barman revint. Il saisit le verre avec deux doigts, lui adressa une grimace, et l'envoya se fracasser dans une poubelle derrière le bar." (...)
[Traduit de l'anglais]
10 novembre 2021
LE RETOUR DES DIEUX (Jimmy Guieu, 1967)
(...) Ils pénétrèrent dans une imposante salle sur les murs de laquelle s'alignaient une multitude de grands écrans télévisionneurs subspatiaux. Devant chacun d'eux se dressait un pupitre de commandes complexes, bardé de voyants lumineux associés à des contacteurs diversement colorés.
Le vieillard s'approcha de l'un des écrans dont le servant – en tunique blanche à spirale dorée – s'inclina très bas pour le saluer.
– L'heure est-elle propice pour une action de Grâce, Toulong ?
Le Grand Prêtre leva la tête pour consulter l'un des planisphères lumineux reproduisant les continents terrestres :
– Ô Divine Sagesse, l'heure est propice pour Lourdes, en France. C'est dimanche et la foule doit y être nombreuse. (...)
09 novembre 2021
TROIS SIÈCLES D'HISTOIRE DE FRANCE - vol. I/III (G. LENOTRE, 1898/1942)
(...) La première fois que Jean-Baptiste Greuze, passant rue Saint-Jacques, devant la boutique de livres que tenait Babuti, entrevit, parmi les rayons chargés de volumes, le figure de la jolie Gabrielle, fille du libraire, il revenait de Rome, où il avait passé deux ans, et reprenait contact avec Paris. Son ami Diderot lui avait parlé déjà de la petite Babuti, qu'il s'amusait à taquiner chaque fois que ses perpétuelles randonnées à travers la ville le ramenaient vers la rue Saint-Jacques. Alors plein de jeunesse et de belle humeur, Diderot entrait dans la librairie et, du ton le plus innocent, demandait à la charmante gardienne du magasin : « Mademoiselle, voulez-vous me donner le Portier des Chartreux ? – Oh ! monsieur, nous n'avons que des livres honnêtes. – Et la Tourière des carmélites ? – Mais nous ne vendons pas de pareilles vilenies ! – Ah ! faisait le philosophe, jouant la confusion, ce sont des vilenies ? Moi, je n'en savais rien. » Et, ravi des rougeurs dont s'empourpraient les joues de Gabrielle, Diderot s'excusait, faisait un grand salut et s'esquivait en riant. (...)
07 novembre 2021
LES VACANCES DE BÉRURIER (Frédéric Dard, 1969)
(...) – Et marie-Marie ? m'inquiété-je soudain, réalisant l'absence de la gosse.
– Elle est à la salle à manger des enfants, renseigne Berthe. C'est une gamine déjà trop délurée que la fréquentation des grandes personnes ne lui vaut rien.
Y'a des mots qui tisonnent le destin. Comme la Baleine profère les ci-dessus, on perçoit un fracas de verrerie pulvérisée dans les régions avoisinant la salle à manger. On croit que c'est un accident de cuisine. La maladresse d'un serveur. Mais dans le fond de la pièce, une porte à doubles battants s'ouvre à la volée, et un serveur surgit en titubant. Il a un Saint-Honoré écrasé sur la figure, un seau à champagne en guise de casque et il marche au radar, mains en avant, dans la position du médium en charge. Des rires juvéniles fusent d'au-delà des portes qui n'arrêtent pas de battre en contrariété. Le maître d'hôtel principal, un beau personnage grave et grisonnant, avec des épaulettes d'or, se précipite sur le loufiat crémeux et l'aide à se décasquer.
L'autre ressemble à un skieur après une chute dans de la profonde. Il regarde autour de lui, réalise qu'il s'est gourré d'issue, mais n'en explose pas moins :
– Je donne ma démission, glapit-il, des mômes pareilles, c'est pas tenable !
– Je suis sûre que c'est ma nièce, nous confie Berthaga en fonçant.
Elle réapparaît deux minutes plus tard, en poursuivant Marie-Marie. La môme trace entre les tables pour échapper à la fureur tantesque. (...)
03 novembre 2021
EXTRA-TERRESTRIALS AMONG US (Georges C. Andrews, 1986)
· Réédition, 1995, Llewellyn Publications ·
(...) Le premier incident remarquable se révéla par l'intermédiaire de la ligne téléphonique d'alerte OVNI (914-739-6830) de Peter Gersten. Au soir du 12 septembre [1985], de21h00 à 22h30, un grand nombre inhabituel de rapports furent déposés sur cette ligne. Tous décrivaient un objet extraordinaire, parsemé de lumières, à basse altitude au-dessus de la ville de New York et des secteurs environnants tels que Yonkers et New Rochelle. Certains des correspondants témoignaient d'une forme en "V". Aux dires d'autres témoins, les lumières variaient en apparence. Plusieurs des appelants déclarèrent avec certitude qu'un objet très volumineux était impliqué, car les étoiles étaient occultées ou cachées à la vue lors de son passage au-dessus des têtes. J'ai écouté le rapport d'une femme qui, en compagnie de son mari, vit l'objet au moment où la configuration de ses lumières commençait à se modifier. Son témoignage m'était familier ; le processus qu'elle décrivait était pratiquement identique à celui observé par une dame que j'avais interviewée à Goshen, CT. Les média commentèrent à peine ce phénomène. Channel 7 News à 23h00 cette nuit-là mentionna d'inhabituelles lumières aperçues au-dessus du secteur de New York City. (...)
[Traduit de l'anglais]
31 octobre 2021
METHUEN'S LIBRARY OF HUMOUR (Harry Graham, 1934)
· Édition originale, 1934, Methuen & co ·
Quand grand-mère avait dix-sept ans
Et que régnait la reine Victoria,
Elle portait des robes d'alépine
Et l'on célébrait sa beauté ;
Elle épousa grand-père (pourtant
Elle préférait un autre prétendant
Qui jouait du piccolo)
Parce que c'était son devoir
Et non pas, soyez-en certain, parce qu'
Elle savait combien il était riche. (...)
[Traduit de l'anglais]
OVNI - E.T. LA VÉRITÉ CACHÉE (Jimmy Guieu, 1997)
(...) Le Docteur Louis Bon de Brouwer est International Special Consultant For Health and Ecology IAEWP-ONU-UNESCO - Chargé de Recherches. Il dénonce sans ambages l'action à la longue pernicieuse, selon lui, de nombreux vaccins "imposés" aux humains pratiquement dès leur naissance, certains abaissant leur résistance immunitaire ou entraînant des effets secondaires graves ; et de citer des exemples confortant ses alarmes. Je constate cependant un état de fait troublant : les hyper-trusts et conglomérats industriels qui président aux destinées des innombrables vaccins et de l'agro-alimentaire qui nous sont imposés, ont des connexions directes ou indirectes avec des ténors de la Trilatérale, du Bilderberg Group et du C.F.R. (Council On Foreign Relations). (...)
