(...) – Non ! criai-je. Ne faites pas de folie !
Il ne prêta pas la moindre attention à mon appel. Ses yeux restaient fixés sur l'amulette. Il choisit bien son moment : quand, sur la crête d'une petite vague, le disque en os de baleine vint flotter près du rivage, il plongea dans l'eau, le ramassa, dans un geste souple et précis de la main, puis il vira en direction de la plage. Mais, si rapide fût-il, les épaulards l'étaient plus encore. Je me couvris les yeux. J'entendis une voix hurler de terreur : « Non ! Non ! Non ! », sans reconnaître que cette voix était la mienne. Je ne vis pas nettement ce qui arrivait. En effet, comme malade de peur, j'avançais en titubant vers le bord de l'eau, la mer, la plage, les orques et le capitaine Ross tournoyèrent devant mes yeux telles les images d'un kaléidoscope. Ce qui arriva, Sommerville me le raconta par la suite. Dans leur âpreté à se jeter sur Ross, deux des épaulards entrèrent en collision dans l'espace. Leurs mâchoires se refermèrent – mais non pas sur Ross : l'une sur l'autre. (...)
